‹ Morceaux choisisChapitre 98 sur 221 · LA MORBIDE ATTIRANCE · texte numérisé non relu

LA MORBIDE ATTIRANCE

Douceur inexprimable en toute la campagne ! Dans les sites, que j'ai si souvent traversés, Mes rêves ne se sont jamais si bien bercés. De fièvres me brûlant, le Passé m'accompagne...

Et lui fait de nos pleurs la céleste rosée Qui rafraîchit le cœur, pour le rendre meilleur. Il est pour la pensée un charmant éveilleur, Lorsque à ses doux rayons notre âme est exposée...

Ah I vraiment je voudrais ne pas savoir de bornes A cet enivrement qui s'empare de moi ! Nature, en ton brouillard, répète à mon émoi Qu'on trouve des rayons en les Cieux les plus mornes.

Car la beauté, qu'en toi ma tendresse a ravie, Sur mon triste horizon jamais ne m'a menti ; Et j'ai souvent, par elle, étonné, ressenti Le charme en nos douleurs que peut avoir la vie.

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