‹ Morceaux choisisChapitre 99 sur 221 · LA MORBIDE ATTIRANCE · texte numérisé non relu

LA MORBIDE ATTIRANCE

A rinstant où déjà plus d'un oiseau s'envole, Y pressentant la fin prochaine des beaux jours, C'est un âpre plaisir que je goûte aux séjours Que quitte la chanson... deviendrais- je frivole ?...

C'est donc en les moments de deuil — quelle ironie I Que je cherche la grâce en mon vague désir ; Le charme vaporeux, que je voudrais saisir, — O nature, pardon ! — naît sur ton agonie I

Oui, j'ai toujours connu la morbide attirance

De mes rêves purs vers les désolations,

Et dans moi vous avez, Imaginations,

Pris le plus bel essor au sein de la souffrance 1

Je me sens moins impie et mon âme s'allège. Avec un art meilleur je veux tout embellir. O tombeaux, près desquels je me sens tant pâlir I Je demande à l'Automne un puissant sortilège...

Notre âme même alors nous parait plus jolie ! Ces tableaux, par des vols de feuilles traversés, En leurs vagues débris par le vent dispersés, Ont de la majesté dans leur mélancolie !

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