LA MORBIDE ATTIRANCE
A rinstant où déjà plus d'un oiseau s'envole, Y pressentant la fin prochaine des beaux jours, C'est un âpre plaisir que je goûte aux séjours Que quitte la chanson... deviendrais- je frivole ?...
C'est donc en les moments de deuil — quelle ironie I Que je cherche la grâce en mon vague désir ; Le charme vaporeux, que je voudrais saisir, — O nature, pardon ! — naît sur ton agonie I
Oui, j'ai toujours connu la morbide attirance
De mes rêves purs vers les désolations,
Et dans moi vous avez, Imaginations,
Pris le plus bel essor au sein de la souffrance 1
Je me sens moins impie et mon âme s'allège. Avec un art meilleur je veux tout embellir. O tombeaux, près desquels je me sens tant pâlir I Je demande à l'Automne un puissant sortilège...
Notre âme même alors nous parait plus jolie ! Ces tableaux, par des vols de feuilles traversés, En leurs vagues débris par le vent dispersés, Ont de la majesté dans leur mélancolie !