‹ Morceaux choisis de Alfred de VignyChapitre 11 sur 192 · LE REPOS · texte numérisé non relu

LE REPOS

Une fois, par malheur, si vous avez pris terre, Peut-être qu un de vous, sur un lac solitaire, Aura vu, comme moi, quelque cygne endormi, Qui se laissait au vent balancer à demi. Sa tête nonchalante, en arrière appuyée. Se cache dans la plume au soleil essuyée : Son poitrail est lavé par le flot transparent, Comme un écueil où l'eau se joue en expirant; Le duvet qu'en passant l'air dérobe à sa plume Autour de lui s'envole et se mêle à l'écume; Une aile est son coussin, l'autre est son éventail; Il dort, et de son pied le large gouvernail Trouble encore, en ramant, l'eau tournoyante et douce , Tandis que sur ses flancs se forme un lit de mousse.

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