‹ Morceaux choisis de Alfred de VignyChapitre 152 sur 192 · LES PLAISIRS DU RÉGIMENT · texte numérisé non relu

LES PLAISIRS DU RÉGIMENT

qu elle savait bien que c'était pour l'épouser que je voulais partir.

Dans ce moment-là, deux grands laquais poudrés entrèrent avec une femme de chambre qui avait lair d'une dame, et ils demandèrent si la petite avait préparé les bardes que la reine et madame la princesse de Lamballe lui avaient demandées.

Le pauvre curé se leva si troublé qu'il ne put se tenir une minute debout, et Pierrette et sa mère tremblèrent si fort qu'elles n'osèrent pas ouvrir une cassette qu'on leur envoyait en échange du fourreau et du bavolet, et elles allèrent à la toilette à peu près comme on va se faire fusiller.

Seul avec moi. le curé me demaada ce qui s'était passé, et je le lui dis comme je vous l'ai conté, mais un peu plus brièvement.

Malgré les remontrances du curé, malgré les efforts que fait celui-ci pour lui montrer ce qu'il pourrait gagner comme jardinier et comme maître de musique vocale, comparé au peu qu'il gagnera au régiment, qu'au lieu d'être doux, modeste et docile, il deviendra rude, impatient et tapageur, Mathurin persiste dans son idée; il quitte le bon curé de Montreuil et se rend à un petit cabaret de l'avenue de Versailles. Il y trouve des sergents recruteurs du Royal- Auvergne qui lui font manger poulet, chevreuil et perdreaux, boire vins et café, en lui jurant qu'au régiment il n'en aura jamais d'autres, et lui font signer son engagement.

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