ACTE DEUXIÈME
KITTY BELL
Hélas ! il n'est doue plus malheureux ? — J'en suis bien aise. Mais je ne lui parlerai pas, je m'en vais.
joay BELL.
.Restez, restez. Invitez-le à prendre le thé avec le docteur en famille; cela fera plaisir à lord Talbot.
Il Ta s'asseoir à droite, près de la table à thé.
LE QUAKER, à Chatterton qui fait un monvement pour se retirer chez lui.
rson, non, ne t en va pas, on parle de toi.
KITTY BELL , au quaker.
Mon ami, voulez -vous avoir la bonté de lui demander s'il veut déjeuner avec mon mari et mes enfants?
LE QUAKER
Vous avez tort de 1 inviter, il ne peut pas souffrir les invitations.
KITTY BELL
Mais c'est mon mari qui le veut.
LE QUAKER
Sa volonté est souveraine. (A Chaiterton.) Madame invite son hôte à déjeuner et désire qu'il prenne le thé en famille ce matin. . . (Bas.j II ne faut pas accepter ; c est par ordre de son mari qu'elle fait cette démarche; mais cela lui déplaît.
JOHN BELL, assis, lisant le journal, s'adresse à Kitty.
L a-t-on invité ?
KITTY BELL
Le docteur lui en parle.
CHATTERTON', au quaker.
Je suis forcé de me retirer chez moi.
LE QUAKER, à Kitty,
Il est forcé de se retirer chez lui.
132 CHATTERTON
KITTY BELL, à John Bell,
Mon'oieur est forcé de se retirer chez lui.
JOHN BELL
C'est de l'orgueil : il croit nous honorer.
Il tourne le dos et se reniai à lire. CHATTERTON, au quaker.
Je n'aurais pas accepté : c'était par pitié qu'où m invitait.
Il va vers sa chambre, le (juaker le suit cl le retient. Ici un domestique amène les cnTants et les fait asseoir à table. Le quaker s'assied au fond, Kitty Bel! à droite, John Dell à gauche, tournant le dos à la chambre, les enfants près de leur mère.
A ce moment, CFiafterton reçoit la visite de six jeunes seij^neurs en babils de chasse, parmi lesquels Lord Kingston. Lord Lauderdale et Lord Talbot, tous mis en g'aieté pur de copieuses libations. Talbot a été le camarade de Chatterton à 0.xford ; il s'étonne de le voir en cet endroit, dévoile à John et à Kitty l'incognito de leur locataire, le leur dépeint comme un poète qui a de grands succès, apprend ù son ami que ses compagnons Landerdale et Kingston savent ])ar coeur son poème d'IIarold, lui propose de les accompagner à la chasse au renard et lui annonce qu'il viendra avec ses amis souper avec lui après cette chasse : on s'amusera beaucoup. Enfin, comme Chatterton vient de lui apprendre la mort de son père, il croit le consoler en lui rappehmt que dès lors il est un héritier, lui aussi.
— Depuis cinq minutes que tu es ici, jeune homme, lui dit le quaker l'interrompant, tu n'as pas dit un mot qui ne fût de trop.
Les jeunes gens se moquent du quaUcr auquel ils n'avaient pas fait encore attention; puis, en partant, se gaussent de Chatterton, qu'ils traitent d amoureux transi, cherchant à séduire son hôtesse et n'arrivant pas à ses fins. Kitty Bell, qui les a compris, est atterrée, et son mari, au contraire, ravi de voir que son locataire a de si belles relations, pense à lui louer un apparte-