ACTE TKOISIÈ.ME
Ah! misérablel Mais... c'est la Satire! tu deviens méchant.
Il pleure longtemps avec désolation.
Écris plutôt sur ce brouillard qui s'est logé à ta fenêtre comme à celle de ton père.
Il s'arrête.
Il prend une tabatit;re sur sa table.
Le voilà, mon père! — ^ eus voilai Bon vieux marin! franc capitaine de haut bord, vous dormiez la nuit, vous, et, le jour, vous vous balticz ! vous n'étiez pas un Paria intelligent comme l'est devenu votre pauvre enfant. Voyez-vous, voyez-vous ce papier blanc? s'il n'est pas rempli demain, j'irai en prison, mon père, et je n'ai pas dans la tète un mot pour noircir ce papier, parce que j'ai faim. — .J ai vendu, pour manger, le diamant qui était là, sur cette boîte, comme une étoile sur votre beau front. Et à présent, je ne 1 ai plus et j'ai toujours la faim. Et j ai aussi votre orgueil, mon père, qui fait que je ne le dis pas. — Mais, vous qui étiez vieux et qui saviez qu'il faut de l'argent pour vivre et que vous n'en aviez pas à me laisser, pourquoi m'avez-vous créé?
Il jette la boite. — Il court après, se met à genoux et pleure.
Ah! pardon, pardon, mon père! mon vieux père en cheveux blancs ! Vous m'avez tant embrassé sur vos genoux! — C est ma faute! j'ai cru être poète! C'est ma faute; mais je vous assure que mon nom n'ira pas en prison! Je vous le jure, mon vieux père. Tenez, tenez, voilà de l'opium! si j'ai par trop faim... je ne mangerai pas, je boirai.
Il fond en larmes sur la tabatière où est le portrait.
Quelqu'un monte lourdement mon escalier de bois. — Cachons ce trésor.
Cachant ropium.
150 CHATTERTON
Et pourquoi? ne suis-je donc pas libre? plus libre
que jamais ?
— Caton na pas caché son épée. Reste comme tu es, Romain, et regarde en face.
Il pose Topiuin au milieu de sa table.