Suivant Molière, en effet
Un sot savant est sot plus qu'un sot ignorant ; et là-dessus Molière est du même avis que La Fontaine, qui a dit dans une de ses lettres, où il aime à mêler les vers à la prose :
Un sot plein de savoir est plus sot qu'un autre homme : Je le fuirais jusqu'à Rome .
2. Essuyer un combat, c'est être obligé de le livrer, de le subir.
3. C'est chose convenue, et ainsi on ne sera pas étonné de l'entendre louer la cour.
N'accusiez que lui seul ' de vos méchants succès. Permetlez-moi, monsieur Trissolin, de vous dire, Avec tout le respect que votre nom m'inspire2, Que vous feriez fort bien, vos confrères et vous, De parler de la cour d'un Ion un peu plus doux; Qu'à le bien prendre au fond, elle n'est pas si bête Que, vous autres messieurs, vous vous mettez en tête; Qu'elle a du sens commun pour se connaître à tout; * Que chez elle on se peut former quelque bon goût, Et que l'esprit du monde y vaut, sans flatterie, Tout le savoir obscur de la pédanterie.
TR1SSOTIN.
De son bon goût, monsieur, nous voyons les effets.
CL1TANDRE.
Où voyez-vous, monsieur, qu'elle l'ait si mauvais?
TKISSOTLN.
Ce que je vois, monsieur, c'est que, pour la science, Rasius et Baldus3 font honneur à la France; Et que tout leur mérite, exposé fort au jour, N'attire point les yeux et les dons de la cour.
CL1TANDRE.
Je vois votre chagrin, et que, par modestie,
Vous ne vous mettez point, monsieur, de la partie;
Et, pour ne vous point mettre aussi dans le propos4,
Que font-ils pour l'État, vos habiles héros?
Qu'est-ce que leurs écrits lui rendent de service,
Pour accuser la cour d'une horrible injustice,
Et se plaindre en tous lieux que, sur leurs doctes noms,
Elle manque à verser5 la faveur de ses dons?
Leur savoir à la France est beaucoup nécessaire6,
Et des livres qu'ils font la cour a bien affaire!
1. Lui seul, le méchant goût de la cour. Lui en parlant des choses doit être évité.