‹ Morceaux choisis de prose et de vers des classiques françaisChapitre 26 sur 156 · Cf. Quintilien, Éducation de l'Orateur, livre I, ch. xiv · texte numérisé non relu

Cf. Quintilien, Éducation de l'Orateur, livre I, ch. xiv

Le Tiai philosophe, ou La Bruyère se peignant lui-même.

Je vais. Clitiphon, à votre porte ; le besoin que j'ai de vous me chasse de mon lit et de ma chambre. Vos gens me disent que vous êtes enfermé, et que vous ne pouvez m'écouter que d'une heure entière1 : je reviens avant le temps qu'ils m'ont marqué, et ils me disent c[iie vous êtes sorti. 0 homme important et chargé d'affaires, qui, à votre tour, avez besoin de mes offices2, venez dans la solitude de mon cabinet : le philosophe est accessible, je ne vous remettrai point à un autre jour. Vous me trouverez sur les livres de Platon qui traitent de la spiritualité de l'âme et de sa distinction d'avec le corps, ou la plume à la main pour calculer les distances de Saturne et de Jupiter J : j'admire Dieu dans ses ouvrages, et je cherche, par la connaissance de la vérité, à régler mon esprit et devenir meilleur. Entrez, toutes les portes vous sont ouvertes ; mon antichambre n'est pas faite pour s'y ennuyer en m'attendant : passez jusqu'à moi sans me faire avertir. Vous m'apportez quelque chose de plus précieux que l'argent et l'or, si c'est une occasion de vous obliger. Parlez, que voulez-vous que je fasse pour vous? fautil quitter mes livres, mes études, mon ouvrage, cette ligne qui est commencée? quelle interruption heureuse pour moi que celle qui vous est utile!

Ibid., ch. vi, Des biens de la fortune.

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