‹ Morceaux choisis de prose et de vers des classiques françaisChapitre 36 sur 156 · Ancienne capitale de la Perse · texte numérisé non relu

Ancienne capitale de la Perse

2. Comparez le portrait d'Arrias par La Bruyère, au chapitre De la Société et de la Conversation du livre des Caractères.

3. Dans les dernières pages de Y Histoire du Consulat et de FEmpire, Thiers compare Napoléon, sous le rapport des talents et de la destinée, à Alexandre, a Annibal, à César et à Charlemagne. Nous avons donné son jugement sur Annibal à la page 'àl'-i des Morceaux choisis à l'usage de la Classe de Troisième.

i. Revoir, à propos de ces maximes anciennes, le morceau de Bossuet intitulé : le Sénat, à la page 37 de ce volume.

que le peuple romain ne pouvait faire de paix tandis que les ennemis étaient sur ses terres; mais que, si les Volsques se retiraient, on accorderait tout ce qui serait juste.

Rome fut sauvée par la force de son institution1. Après la bataille de Cannes, il ne fut pas permis aux femmes même de verser des larmes : le sénat refusa de racheter les prisonniers, et envoya les misérables restes de l'armée faire la guerre en Sicile, sans récompense ni aucun honneur militaire, jusqu'à ce qu'Annibal fût chassé de l'Italie.

D'un autre côté, le consul Térentius Varron2 avait fui honteusement jusqu'à Venouse; cet homme, de la plus basse naissance, n'avait été élevé au consulat que pour mortifier la noblesse. Mais le sénat ne voulut pas jouir de ce malheureux triomphe* ; il vit combien il était nécessaire qu'il s'attirât dans cette occasion la confiance du peuple : il alla au-devant de Varron, et le remercia de ce qu'il n'avait pas désespéré de la république.

Ce n'est pas ordinairement la perte réelle que l'on fait dans une bataille (c'est-à-dire celle de^ quelques milliers d'hommes) qui est si funeste à un Etat, mais la perte imaginaire4 et le découragement qui le privent des forces mêmes que la fortune lui avait laissées.

Il y a des choses que tout le monde dit parce qu'elles ont été dites une fois. On croit qu'Annibal fit une faute insigne de n'avoir point été assiéger Rome après la bataille de Cannes. Il est vrai que d'abord la frayeur y fut extrême; mais il n'en est pas de la consternation d'un peuple belliqueux, qui se tourne

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