MAXIME
Oui, j'accorde qu'Auguste a droit de conserver L'empire où sa vertu l'a fait seule arriver, Et qu'au prix de son sang, au péril de sa tèle, Il a fait de l'Etat une juste conquête; Mais que, sans se noircir, il ne puisse quitter Le fardeau que sa main est lasse de porter, Qu'il accuse par là César de tyrannie,
1. Souffrez de voir votre avis combattu par un homme jaloux de votre gloire, etc.
2. Ne craignez point ses tristes destinées, celle de César, tué en plein sénat.
Qu'il approuve sa mort, c'est ce que je dénie. Rome est à vous, seigneur, l'empire est voire bien ; Chacun en liberté peut disposer du sien ; Il le peut, à son choix, garder, ou s'en défaire : Vous seul ne pourriez pas ce que peut le vulgaire! Et seriez devenu, pour avoir tout dompté, Esclave des grandeurs où vous êtes monté! Possédez-les, seigneur, sans qu'elles vous possèdent. Loin de vous captiver, souffrez qu'elles vous cèdent; Et laites hautement connaître enfin à tous Que tout ce qu'elles ont est au-dessous de vous. Le bonheur peut conduire à la grandeur suprême, Mais, pour y renoncer, il faut la vertu même.