‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 124 sur 254 · Cf. l'épltre V à M. Gullleragues · texte numérisé non relu

Cf. l'épltre V à M. Gullleragues

Mon père, soixante ans au travail appliqiir,

Ea mourant me laissa, pour rouler et pour vivre,

Ud revenu léger et son exemple à suivre , etc.

178 BOILEAO.

Satire IX *.

A son esprit.

C'est à vous, mon esprit, à qui je veux parler'.

Vous avez des défauts que je ne puis celer!

Assez et trop lonjiicmps ma lâche romplaisance

De vos jeux criminels a nourri linsolence;

Mais, puisque vous poussez ma patience à bout,

Une fois en ma vie il faut vous dire tout.

On croirait, à vous voir, dans vos libres caprices,

Discourir en Caton des vertsis et des vices.

Décider du mérite et du prix des auteurs

Et faire impunément la leçon aux docteurs.

Qu'étant seul à couvert des traits de la satire,

Vous avez tout pouvoir de parler et d'écrire.

Mais moi, qui dans le fond sais bien ce que j'en crois,

Qui compte tous les jours vos défauts par mes doigts,

je ris quand je vous vois, si faible et si stérile.

Prendre sur vous le soin de réformer la ville.

Dans vos discours chagrins, plus aigre et plus mordant

Qu'une femme en furie, ou Gautier' en plaidant.

Mais je veux que le sort, par un heureux caprice, Fasse de vos écrits prospérer la malice. Bit qu'enfin votre livre aille, au gré de vos vœux, Faire sifïler Cotin chez nos derniers neveux : Que vous sert-il qu'un jour l'avenir vous estime, Si vos vers aujourd'hui vous tiennent lieu de crime, Et ne produisent rien, pour fruit de leurs bons mots.

i. CeUe pièce est delG67 : Boileaii y aUeignil la pcrfeclion de la satire: car elle sera toujours regardée comme un modèle où lélégance el le bon ion s'allient à une plaisanterie ingénieuse et piquante. Il avait débuté dans la carrière en 16G0. — J. B. Rousseau est demeuré très-loin de ce chefd'œuvre dans son Epîîre aux Miisi-s, bien que cette imitation soit, en ce genre, l'un de ses meilleurs ouvrages; Gilbert en a emprunte quelques traits dans son Apologie. — Cf. Horace, Sal., Il, i.

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