Acte III, Scène VIII
Andromaque , Céphise (sa confidente).
Pyrrhus vionl de dcolarcr à Andromaque qu'il l'aime avoc passion; qiio, si elle consent à lui donner sa main, il prendra sous sa protection le lils qu'elle a eu d'Hector, Astyanax, dont la mort est demandue par la Grèce.
CÉPHISE
Je VOUS Tavais prédit qu'en dépit de la Grèce De votre sort encor vous seriez la maîtresse.
ANDROMAQUE
Hélas! de quel elTet tes discours sont suivis! 11 no me restait plus qu'à condamner mon fils.
CÉPIIISE.
Madame, à votre époux c'est être assez fidùie : Trop (lo vertu pourrait vous rendre criminelle. Lui-mrme il porterait votre âme à la douceur.
ANPROMAQUÈ.
Quoi! je lui donnerais Pyrrhus pour successeur?
CÉPHISE
Ainsi le veut son fils que les Grecs vous ravissent. Pensez- vous qu'après tout ses mânes en rougissent' ; Qu'il méprisât, madame, un roi victorieux Qui vous fait remonter au rang de vos aieux^
1. 10G7. Sorti de l'école de Port-Royal, Racine s'tlail déjà annonccomme poi le distingué par ses deux premières pièces, la Thcbaïile ou les fièies ennemis et Alcxiindre , lorsqu'il (il son verilable avènement dans la tragédie |)ar AndronuKiiic ( IG07 ), qui a marqué, après le Cid , la seconde é[)oqne de la gloire du UiéAlre français. — Voilairo n'a pas craint d'appeler (idwtiiiblc celle pièce donl le sujet est lire du 111' livre de VEncidn de Virgile ( V. 3()l 332), el où l'auleur a imité aussi en quelques passages VAndroiiuique d'Kuripide. Sur la comparaison de la pièce française avec la pièc;* grecque, un lira avec inlércl un chapitre des Eludes sur les tragiques grecs deiM. Patin (t. iil ).