‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 144 sur 254 · PYLADE · texte numérisé non relu

PYLADE

Hermione, soigneur? il la faut oublier.

Quoi ! toujours rinstrumcnt et l'objet de sa rage. Cherchez-vous chez les morts quelque nouvel outrage? Et parce qu'elle meurt faut-il que vous mouriez?

ORESTE

Elle meurt! dieux! qu'enîends-je!

PYLADE. He' quoi ! vous l'igno- En rentrant dans ces lieux nous l'avons rencontrée [riez ! Qui courait vers le temple, inquiète, égarée. Elle a trouvé Pyrrhus porté par des soldats Que son sang excitait à venger son trépas. Sans doute à cet objet sa rage s'est émue. Mais du haut de la porte enlin nous l'avons vue Un poignard à la main sur Pyrrhus se courber, Lever les yeux au ciel, se frapper et tomber.

ORESTE

Grâce aux dieux, mon malheur passe mon espérance l Oui , je te loue , ô ciel, de ta persévérance : Appliqué sans relâche au soin de me punir. Au comble des douleurs tu m'as fait parvenir : ïâ haine a pris plaisir à former ma misère ; J'étais né pour servir d'exemple à ta colère. Pour être du malheur un modèle accompli : Eh bien ! je meurs content, et mon sort est rempli*. Où sont ces deux amants ? Pour couronner ma joie. Dans leur sang, dans le mien, il faut que je me noie; L'un et l'autre en mourant je les veux regarder: Réunissons trois cœurs qui n'ont pu s'accorder. Mais quelle épaisse nuit tout à coup m'environne? De quel côté sortir? D'où vient que je frissonne? Quelle horreur me saisit? Grâce au ciel , j'entrevoi... Dieux! quels ruisseaux de sang coulent autour de moi!

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