Voy. Exnde, xvii; lioia , i
2. Préri^demment le roi avait été troublé par un son(,ft effrayant, qui avait cliassé le sommeil loin de lui. En écoulant, poui distraire sa veille, la lecliire des aunak-sde son rèpno, il s'il.iil rappelé le danj,'erqiio lui avait fait courir anlrcfois une cons()iralion tramée contre ses jours: il avait exprimé le rt'srrt't de n'avoir point récompensé son sauveur : c'était Mardochée : el , pour réparer sou ouoli , il venait en effet de lui altribuer les plus grands lioniu'urs.
A. Celle sortie d'.Assuérus a paru trop peu motivée, et a été l'obiet do vives critiques. Toiui-fois on peut remarquer, |)our la défense de Racine, d'abord que le fail esl ainsi raconté dans les livres saints; ensuite, qu'un homme dont l'esprii est en proie au tumulte de pensées cl de desseins qui se combalieut clierche assez naturellement la solitude pour calmer son trouble cl fixer son irrésolution.
•4. Ce déuoùment, a-t-on observé, laisse les cstuàls frappés d'élonnemenl
212 J. HACINK.
Il a vu contre nous les méchants s'assembler,
Et notre sang prêt à couler.
Comme Peau sur la terre ils allaient le r(;pan(lre : Du haut du ciel sa voix s'est fait entendre;
L'homme superbe est renversé,
Ses propres flèches Tont percé.
UNE AUTRE
J'ai vu l'impie adoré sur la terre :
Pareil au cèdre, il cachait dans les cieux Son front audacieux;
Il semblait à son gré gouverner le tonnerre, Foulait aux pieds ses ennemis vaincus :
Je n'ai fait que passer, il n'était déjà plus V...
UNE AUTRE
Comment s'est calmé Torage?
UNE AUTRE
Quelle main salutaire a chassé le nuage ?
TOUT LE CHOEUR
L'aimable Esther a fait ce grand ouvrage.
UNE ISRAÉLITE, Seule.
De Tamour de son Dieu son cœur s'est embrasé; Au péril d'une mort funeste Son zèle ardent s'est exposé : Elle a parlé; le ciel a fait le reste....
UNE AUTRE
Ton Dieu n'est plus irrite :
Réjouis-toi, Sion, et sors de la poussière^; Quitte les vêtements de ta captivité,
Et reprends ta splendeur première.
Les chemins de Sion à la !in sont ouverts :
et d'admiration. Le spectacle de la méchanceté démasquée et punie, de la vertu et de la piété arrachées aux embûches de leurs ennemis pour èlre élevées au faîte des honneur.^, enfin de res[)rit de vertige et d'erreur chassé des yeux d'un puissant souverain, n'a-t-il pas quelque chose de plus tragique et de plus théâtral, do plus digne de la poésie et de la scène, que la peinture de folles passions?
1. Boileau disait que la sublimité des psaumes était l'écueil de tous les traducteurs : que leur majestueuse tranquillité ne pouvait être exprimée que bien difficilement par la plume des plus grands maîtres; qu'elle avait souvent désespéré Racine lui-même : mais(jii"il était venu pourtant à bout de rendre admirablement l'endroit du nsahnisie auquel celte strophe est empruntée (XXXVI, 35 et 30). — i,e nu-rae passage a été encore reproduit dans noire langue par Massillon , Petit Caiêine, sermon pour le second dimanche de carême, et par Racine le fils, dans son imitation du cantique d'Isaïe sur la mort du roi de Habylone.
2. C'est là comme un préInde h la sublime prophétie de Joad , que l'on verra un peu plus loin {Atlialù', III, 7) :
Lève , Jérusalem , lève la tête allière !
J. HACINE. 243
Rompez vos fers, Tribus captives; Troupes fugitives, Repassez les monts et les mers; Uasscmblcz-vous des bouts de Tunivcrs.
UNE AUTRE
Je reverrai ces campagnes si chères.
UNE AUTHE.
J'irai pleurer au tombeau de mes pères.
TOUT LE CHOEUR
Repassez les monts et les mers; Rassemblez-vous des bouts de Tunivers.
UNE ISRAÉLITE, SfW/f.
Relevez, relevez les superbes portiques i)u temple où notre Dieu se pla\l d'rtre adoré : Que de Tor le plus pur son autel soit paré, Et (|ue du sein des monts le marbre soit tire. Liban, dépouille-loi de tes cèdres antiques ; Prêtres sacrés, préparez vos cantiques.
UNE AUTRE
Dieu descend et revient habiter parmi nous: Terre, frémis d'allé;i:resse et de crainte; Et vous, sous sa majesté sainte , Cieux, abaissez- vous* !
UNE AUTRE
Que le Seigneur est bon, que son joug est aimable! Heureux qui dès l'enfance en connaît la douceur! Jeune peuple, courez à ce maître adorable : Les biens les plus charmants n'ont i ien de comparable Aux torrents de plaisirs qu'il répand dans un cœur. Que le Seigneur est bon, que son joug est aimable ! Heureux qui dès Tenfance en connaîi la douceur!
i. Voltaire et J. R. Rousseau se sonl aussi approprié celte magnifique image des livres saints : le premier, dans le chant V de la Ilcnriade :
Viens, des cieu.\ irrités abaisse la hauteur;
le second , dans la VIII* de ses Odes sacrées :
Lève ton bras , lance ta flamme , Abaisse la hauleur des cieux.
tu J. RAC[xNE.
Athalie*. "
(Extraits.)