‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 177 sur 254 · Acte I, Scène IV · texte numérisé non relu

Acte I, Scène IV

Valère, Hector. {Valère pnralt en désordre comme un homme qui a joué toute la nuit.)

HECTOR, apercevant son maifre.

On soupijonne aisément , à sa triste figure , Qu'il cherche en vain quelqu'un qui prête à triple usure.

VALÈRE

Quelle heure est-il ?

HECTOR. Il est.... Je ne m'en souviens pas,

VALÈRE

Tu ne f en souviens pas?

HECTOR. Non, monsieur.

VALÈRE. Je suis las De tes mauvais discours ; et tes impertinences....

HECTOR, à part.

Ma foi ! la vérité répond aux apparences.

VALÈRE

Ma robe de chambre.

[Â part.) Euh !

HECTOR, à part. Il jure entre ses dents.

VALÈRE

Eh bien! me faudra-t-il attendre encor longtemps ?

(// se promène.)

HECTOR

Hé! la voilà, monsieur.

(// suit son maître, tenant sa robe de chambre toute déployée. ) VALÈRE, se promenant. Une école maudite Me coûte, en un moment, douze trous tout de suite*. Que je suis un grand chien ^1 Parbleu, je te saurai. Maudit jeu de trictrac, ou bien je ne pourrai. Tu peux me faire perdre , ô fortune ennemie ! Mais me faire payer, parbleu, je t'en défie; Car je n'ai pas un sou.

HECTOR, tenant toujours la robe.

Vous plairait-il , monsieur....

1. Au jeu de trictrac, il faut douze troua pour gaijner la partie. Le trou lui-même égale douze points ; et ce nom vient de ce que , pour les marquer, on met un tichet dans un trou. Ecole, dans le même jeu, est l'oubli que l'on a fait de marquer les points qu'on avait gagnés : de W cette locution proverbiale, faire une école.

2. Cette expression , alors familière , est devenue basie : elle ne serait plus admise. On dirait, par exemple, un grand sot.

VALÈRE , se promenant.

Je me ris de tes coups, j'incague* ta fureur.

HECTOR

Votre robe de chambre est , monsieur, toute prête.

VALÈRE

Va te coucher, maraud, ne me romps point la tête. Va-t'en.

HECTOR. Tant mieux.

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