‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 183 sur 254 · Acte IV, Scène XIII · texte numérisé non relu

Acte IV, Scène XIII

VaVere, Hector.

HECTOR

Le voici. Ses malheurs sur son front sont e'crits : Il a tout le visage et Tair d'un premier pris*.

VALÈRE

Non, l'enfer en courroux et toutes ses furies N'ont jamais exercé de telles barbaries.

\. Encore un des termes du jeu de lansquenet, comme on continuera à en rencontrer plus loin. On disait également d'un homme, par métaphore, qu'il avail Vair d'un premier pris, lorsque sa contenance était triste et embarrassée.

.le te loue , ô destin , de tes coups redouMf's* :

Je n'ai plus rien à perdre, et tes vœux sont comblés.

l'our assouvir enror la fureur qui t'anime,

Tu ne peux rien sur moi : cherche une autre victime.

HECTOR, à part. Il est sec*.

vALÈRE. De serpents mon cœur est dévoré : Tout semble en un moment contre moi conjuré.

( // prend Hector à la cravate. ) Parle. As-tu jamais vu le sort et son caprice Arcabirr un mortel avec plus d'injustice, Le mieux assassiner? Perdre tous les paris, Vingt fois le coupe-gorge', et toujours premier pris ! Uéponds-moi donc, bourreau.

HECTOR. Mais ce n'est pas ma faute.

VALÈRE

As-tu vu, de tes jours, trahison aussi haute? Sort cruel , ta malice a bien su triompher, Et tu ne me flattais que pour mieux mY-toufTer. Dans rétat où je suis, je puis tout entreprendre ; Confus, désespéré, je suis prêt à me pendre.

HECTOR

Heureusement jîour vous, vous n'avez pas un sou Dont ^olls puissiez, monsieur, aclieter un licou. Voudriez-vous souper ?

VALÈRE. Que la foudre t'écrase !

Ah! charmante Angélique, en Tardeur qui m'embrase, A vos seules bontés je veux avoir recours: Je n'aimerai que vous; m'aimeriez- vous toujours? Mon cœur, dans les transports de sa fureur extrême, N'est point si malheureux, puisqu'enfin il vous aime.

HECTOR, à part.

Notre bourse est à fond , et par un sort nouveau, Notre amour recommence à revenir sur Teau.

VALÈRE

Calmons le désespoir où la fureur me livre. Approche ce fauteuil.

( Hector approche un fauteiiU. ) VALÈRE , assis. Va me chercher un livre.

\. Ainsi Racine, dans Anàromaque :

Oui, je le loue, d ciel, de ta pcrst'véranccl

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