On dirait aujonrd'iiui : il est « sec
3. roi/pc-iyor./c, au iansqucnel. se dit (juand celui qui lient les cartes anuMie sa carte la première : ce qui lui fait perdre loul ce qu'il peut perdre de ce coup-là.
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278 RKGNAHD.
HECTOR
Quel livre voulez-vous lire en votre chagrin ?
VALKIIE.
Celui qui te viendra le premier sous la main : 11 m'importe peu, prends dans ma bihliollièquc.
HECTOii so7'l, et rentre^ tenant un livre. Voilà Stînèque.
VALÈRE. Lis.
HECTOR. Que je lise Sénèque?
VALÈRE
Oui. Ne sais-tu pas lire?
HECTOR. Hd! vous n'y pensez pas :
Je n'ai lu, de mes jours , que dans des almanachs.
VALÈRE
Ouvre, et lis au hasard.
HECTOR. Je vais le mettre en pièces.
VALÈRE
Lis donc.
HECTOR lit, « Chapitre six. Du mépris des richesses. « La fortune offre aux yeux des brillants mensongers « Tous les biens dMci-bas sont faux et passagers; « Leur possession trouble et leur perte est légère : c( Le sage gagne assez lorsque! peut s'en défaire. » Lorsque Sénèque lit ce chapitre éloquent, Il avait, comme vous, perdu tout son argent.
VALÈRE, se levant.
Vingt fois le premier pris ! Dans mon cœur il s'élève Des mouvements de rage. Allons, poursuis, achève.
(// s'assied.) De mon sort désormais vous serez seule arbitre, Adorable Angélique!... Achève ton chapitre.
HECTOR
« Que faut-il.... »
VALÈRE. Je bénis le sort et ses revers, Puisqu'un heureux malheur me rengage en vos fers. Finis donc.
HECTOR. « Que faut-il à la nature humaine? « Moins on a de richesse, et moins on a de peine. « C'est posséder les biens que savoir s'en passer. » Que ce mot est bien dit! et que c'est bien penser! Ce Sénèque, monsieur, est un excellent homme. Etait-il de Paris ?
VALÈRE. Non, il était de Rome....
Dix fois, à carte triple, être pris le premier!
HECTOR
Ah! monsieur, nous mourrons un jour sur le fumier.
VALÈRE
Il faut que de mes maux enfin je me délivre :
i\ai cent moyens tout prêts pour urcmpecher de vivre,
La rivière, le feu, le poison et le fer.
HECTOR
Si vous vouliez, monsieur, chanter un petit air: Votre maître à chanter est ici : la musique Peut-être calmerait cette humeur frénétique.
VALÈRE
Que je chante !
HECTOR. Monsieur....
VALÈRE. Que je chante, bourreau!
Je veux me poignarder : la vie est un fardeau, Qui pour moi désormais devient insupportable.
HECTOR
Vous la trouviez pourtant tantôt bien agréable. « Qu'un joueur est heureux ! Sa poche est un trésor; « Sous ses heureuses mains le cuivre devient or, » Oisiez-vous.
VALÈRE. Ah! je sens redoubler ma colère....
Hentôl, nouvelle déception ou plutôt nouvelle punition pour le joueur : Angélique, dont il recherchait la main, instruite de la dcstiruilion qu'avait reçue son portrait, ne voudra plus être sa femme. Vah.re aura donc perdu avec son argent réiablissenient qu'il désirait. Telle est la lin de la pièce de Rej;nard, morale dans sa conrtiusion , si elle ne l'est pas dans tous ses détails.