‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 216 sur 254 · Ce vers appartient un peu trop au genre de l'idylle · texte numérisé non relu

Ce vers appartient un peu trop au genre de l'idylle

2. Malgré la critique précédente, ce passage où Voltaire se montre touché des beautés de la nature doit être remarqué à son éloge : car c'est chose trop rare chez lui. On a dit, avec quelque raison, que toute sa poésie appartenait au monde des idées et qu'il ne semblait pas avoir regardé la nature extérieure. 11 y a de plus dans ce tableau d'une nature paisible et heureuse, opposé aux scènes de douleur et de guerre qui suivent, un contraste d'un effet puissant sur l'imagination.

3. Le cheval de guerre a été représenté en traits admirables dans le livre de Job, ch. 39 (cT. Bossuet, Méditations sur VÈvangUe, 103° jour), et Voltaire a profilé de cette description fréquemment reproduite, il faut aussi rappeler la belle imitation qu'en a faite le poëte Sarrazin dans son ode sur la bataille de Lens; c'est en parlant du prince de Condé;

Il monte un cheval superbe, Qui , furieux aux combats , A peine fait courber l'herbe Sous la trace de ses pas.

Sou œil est ardent , farouche; L'ccume sort de sa bouche :

Prêt au moindre mouvement, Il frappe du pied la terre , Et semble appeler la guerre Par un fier hennissement.

VOLTAlRl!]. 337

D*Aumont, qui sous cinq rois avait porté les armes; Uiron, dont le seul nom répandait les alarmes, Et son fils, jeune encore, ardent, impétueux, Qui depuis.... mais alors il était vertueux' : Sully, Nangis, Grillon, ces ennemis du crime, One la Ligue détesti;, et que la Ligue estime*;... D'Ailly, pour qui ce jour lut un jour trop fatal. Tous ces héros en foule attendaicuit le signal, Et, rangés près du roi, lisaient sur son visage D'un triomphe certain l'espoir rt le présage.

Mayenne en ce moment, inquiet, abattu.

Dans son cœur étonné cherche en vain sa vertu' : Soit que, de son parti connaissant Tinjustice, Il ne crût point le ciel à ses armes propice; Soit que l'ame, en eilct, ait des pressentiments. Avant-coureurs certains des grands événements. Ce héros cependant , maître de sa faiblesse. Déguisait ses chagrins sous sa fausse allégresse*. Il s'excite, il s'empresse, il inspire aux soldats Cet espoir généreux que lui-même il n'a pas....

Vers les ligueurs enlin le grand Henri s'avance, Et s'adressant aux siens qu'enflammait sa présence ; « Vous êtes nés Français, et je suis votre roi; Voilà nos ennemis, marchez, et suivez-moi. Ne perdez point de vue, au fort de la tempête, Ce panache éclatant qui flotte sur ma tête : Vous le verrez toujours au chemin de l'honneur. » A ces mots, que ce roi prononçait en vainqueur, 11 voit d'un feu nouveau ses troupes enflammées Et marche en invoquant le grand Dieu des armées',

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