Vers imité de Boileau, le Luhin, V
Dans soD cœur éperdu cherche en vain du courage.
Virgile montre également au XII* livre de VÉncide, v, 219 et 016, Turnus doutant de lui-même et prossonlant sa défaite.
4. Cf. Virgile, £«., 1 , 21 '2; ti IV, 477. 6. Ainsi Bacine dans Aihulic . IV, 3:
Marchons en invoquant l'arbitre des combats.
Sur les pas des deux chefs alors en môme temps On voit des deux partis voler les combattants. Ainsi, lorsque des monts scparr-s p.ir Alcidc Les aquilons fougueux, fondent d'un vol rapide, Soudain les flots émus de deux profondes mers D'un choc impétueux s'élancent dans les airs : La terre au loin gémit, le jour fuit, le ciel gronde, Et l'Africain tremblant craint la chute du monde*.
Au mousquet réuni , le sanglant coutelas''' Déjà de tous côtes porte un double trépas.... On se môle, on combat; l'adresse, le courage, Le tumulte, les cris, la peur, Faveugle rage, La honte de céder, Tardente soif du sang. Le désespoir, la mort, passent de rang en rang. L'un poursuit un parent dans le parti contraire; Là, le frère en fuyant meurt de la main d'un trère^ La nature en frémit : et ce rivage affreux S'abreuvait à regret de leur sang malheureux*.
Dans d'épaisses forêts de lances hérissées , De bataillons sanglants, de troupes renversées, Henri pousse, s'avance et se fait un chemin. Le grand Mornay le suit, toujours calme et serein. 11 veille autour de lui, tel qu'un puissant ginie : Tel qu'on feignait jadis , aux champs de la Phrygie, De la terre et des cieux les moteurs éternels Mêlés dans les combats sous l'habit des mortels, Ou tel que du vrai Dieu les ministres terribles. Ces puissances des cieux, ces êtres impassibles. Environnés des vents, des foudres, des éclairs, D'un front inaltérable ébranlent l'univers ^
1. « Voltaire a pris, dit La Harpe, le ton d'Homère pour rendre le choc des deux armées par un?, comparaison qui rappelle toute la grandeur de Tobjet : le dernier vers surtout est sublime. »
2. Les baïonnelles,que désigne cette périphrase, sont d'une invention bien postérieure à la bataille d'ivry.
.s. Voyez, pour une description analogue, VÉnéide, IX , 664 et suiv.; XI, 631 et suiv.
4. Encore une imitation de Racine, qui avait dit, P/iédre, II, !:
Le fer moissonna tout, et la terre humecti'e But à regret le sang des neveux d'Ercchthée.
5. Beau portrait du calme qu'une âme forte conserve au milieu des dangers ; Duplessis-Mornay.qui a laissé aussi des Méinoires curieux sur les événements et les guerres auxquels sa vie a été mêlée, se montra même sur les cliamps de bataille un sage, ami des homMif'S : ce qui ne l'empêchait nuliement d'être un héros. 11 eut, dans ce combat en particulier, d^ux chevaux tués sous lui.
Le poêle, pou après, montre Henri assailli par d'Epmont, qui le blesse d'abord et tombe ensuite sous les coups du prince.
Espagnols tant vantés, troupe jadis si fièrc, Sa mort anéantit voire vertu j^uerriùro : Pour la première fois vous connûtes lu peur. L'étonnement, Pespritde trouble et de terreur, S'empare, en ce moment, de leur troupe alarmée; 11 passe en tous les rangs, il s'étend sur l'armée : Les chefs sont eflraytis, les soldais (-perdus ; L'un ne peut commander, Tautre n'obéit plus. Ils jettent leurs drapeaux, ils courent, se renversent, Poussent des cris affreux, se heurtent, se dispersent: Les uns, sans n^sistance, à leur vaiîiqueur oHerls, Fhicbissent les genoux et demandent des fers; D'autres , d'un pas rapide évitant sa poursuite, Jusqu'aux rives (^e l'Eure emportés dans leur fuite. Dans les profondes eaux vont se précipiter Et courent au trépas qu'ils veulent éviter. Les Ilots couverts de morls interrompent leur course, Et le fleuve sanglant remonte vers sa source'. Mayenne, en ce tumulte, incapable d'eîlroi, Afïiigé, mais tranquille, et maître encor de soi. Voit d'un œil assuré sa fortune cruelle. Et, tombant sous ses coups, songe à triompher d'elle. D'Aumale, auprès de lui, la fuieiir dans les yeux. Accusait les Flamands, la fortune et les cieux. « Tout est perdu, dit-il, mourons, brave Mayenne. — Quittez, lui dit son chef, une fureur si vaine. Vivez pour le parti dont vous êtes l'honneur, Vivez pour r('parer sa perte et son malheur*; Que vous et Bois-Dauphin , dans ce moment funeste, De nos soldats épars assemblent ce qui reste. Suivez-moi l'un et l'autre aux remparts de Paris; De la Ligue en marchant ramassez les débris : De Coligny vaincu surpassons le courage, u D'Aumale* en l'écoutant, pleure et frémit de rage. Cet ordre qu'il déteste, il va l'exécuter : Semblable au lier lion qu'un Maure a su dompter, Qui, docile à son maître, cà tout autre terrible, A la main qu'il connaît soumet sa tète horrible,