Acte I, Scène III
Silène (père d'Arlénice), Arténice.
Vn vieillard iiproche à sa lille Je goût frivole qu'elle éprouve pour un jeune désœuvré, au lieu de consentir à prendre un époux sensé ol laborieux.
Silène.
Tous ces jeunes bergers, si beaux et si chéris, Sont meilleurs pour amants qu'ils ne sont pojr maris. Ils n'ont aucu.n arrêt : ce sont esprits volages. Qui souvent sont tout gris avant que d'être sages; Eî doit-on souhaiter, pour leur utilité, De voir finir leur vie averque leur beauté; Semblal)les à ces lleurs dont Vénus se couronne, De (jui jiunais les fruits nenrichissent i'autumne. Oubliez , oubliez Tamour de ce berger.
Et prenez en son lieu quelque bon ménager, Di' qui la façon mâle, à vos yeux moins j^entille, Témoigne un esprit niijr à rcigir sa famille, Et dont la main robuste au métier de Cérès Fasse ployer le soe en fendant les guérets. Vous êtes grande assez, vous devriez^ être sage. Et plutôt projeter quelque bon mariage, Que dû vous amuser à ces folles amours.
ARTÉNICE.
Mon père, à quelle fin tendent tous ces discours? Si je vois Alcidas, en dois-je être blâmée? Ce n'est ni pour l'aimer, ni pour en être aimée; Je n'ai point fait dessein d'en faire mon époux.
1. Cepoiiiuidiil une partie de son grand Fuccès à son opporUinilé Les temps d'agiialion cl de guerre ramenoMl toujours les imaginations vers les ouvrages qui peignent la félicilé champ«ilre : do là, au icrnie du scizij-mo siècle- et au conimencemenl du dix-seplitMne, le goût général dec(>s prodiiclioiis en France. On se rappelle la vo^ue de VAmntin du Tasse eldu Pas/or l'idti de Guarini, si fréquoinment reproduits dans noire idiome. :<urloul colle de r.is/rcL' dMIonoré d'Urfé. — Apres 1G2">, époque où parurent lcs7/e/7;e/jYs, l'auleur se reposa orestpie enlièremeni dans l'amour indolent de la campagne, • faisant de chacun de ses jours le commeniaire vivant de ses belles stances. » Il devint membre de l'Acadi'mie franeaise à la foiîdition de ce corps en U)X>, cl ce ne fut qu'a la fin «le sa lùn:.^ue carrière qu'il s'occupa de la iradiiction des Psatnnis , où l'on irouve un accent assez ferme, mais où manque trop souvent le sentiment de la couleur originale.
% Ce mol était alors dissyllabe.
Je ne veux point avoir d'autre mari que vous ; Tandis* que vous aurez mon service a^^reable, Ce me sera, mon père, un bien inestimable De niiîrir avec vous la Heur de mon printemps Avant que d'en partir ^.
siLKNiî. C'est comme je l'entends; Et, certes, le seul bien auquel je veux prétendre, Est qu'nvant mon tréjjas vous mo donniez un gendre, Dont l(; bon naturel, me venant à propos', Me donne le moyen de mourir en repos.
Je n'aurai plus ri^gret de lui céder la place, Quand je verrai mon sang revivre en votre race. je crois que Lycidas serait bien votre fait : La fortune lui rit, tout lui vient à souhait; De vingt paires de boiufs il sillonne la plaine. Tous les ans ses acquêts augmentent son domaine; Dans les champs d'alentour on ne voit aujourd'hui Que clièvres et brebis qui sortent de chez lui; Sa maison se fait voir par-dessus le village, Comme fait un grand chêne au-dessus d un bocage; Et sais* que de tout temps son inclination Vous a donné ses vœux et son affection.
Psaume snr la puissance de Die^^
Bien que du Dieu des armées
Tout Tunivers soit rempli,
Ce n'est qu'aux champs idumées^
Qu'il a son trône établi :
De cette demeure sainte
Il marche, et porte la crainte
Au front des plus grands guerriers;
Et ses puissances suprêmes
Arrachent des diadèmes
Les palmes et les lauriers.