GILBERT. 3JJ
révcillorni pour toi la pitié, la justice
De riiicoriuptil)i(' avenir :
Eux-mènie' épureront, par leur lonfr artifice,
Ton honneur qu'ils pensent ternir.
Soyez béni, mon Dieu! vous qui daignez me rendre
LMnnocence et son noble orgueil; Vous qui, pour protéger le repos de ma cendre,
Veillerez près de mon cercueil !
Au banquet de la vie, infortuné convive,
J'apparus un jour, et je meurs' :
Je meurs*, et sur ma tombe , où lentement j'arrive,
Nul ne viendra verser des pleurs*.
Salut, champs que j'aimais, et vous, douce verdure,
Et vous , riant exil des bois !
Ciel, pavillon de l'homme, admirable nature.
Salut pour la dernière fois !
Ah ! puissent voir longtemps votre beauté sacrée
Tant d'amis sourds à mes adieux!
Qu'ils meurent pleins de jours, que leur mort soit pleurée.
Qu'un ami leur ferme les yeux^ !
Odes.
1. Eux-mêmes , écrirait-on en prose. La suppression de V» est une licence pocUque.
'2. Ainsi pou après, A. Chénior< dans une de ses Elégies, comme par un prcssenlimenl de son propre sort :
Je meurs : avant le soir j'ai fini ma journée....
Voy., au ronlrairc. de quelles coiilpiirs Dclille a peint un vieillard plein de jours, poëme 6c Vlmagniatwn , chant VI, v. 81.
3. Le môme mouvement se retrouve encore dans VoUaire , dernière scène û'Mzire :
Je meurs : le voile tombe ; un nouveau jour m'éclaire.
On pont encore rapprocher do ces beaux vers la nudilation poétique de M. de Lamartine intiliih-e r/»i«iorïfj/rfe.