Vers emprunté presque lexluellornent à Régnier, Sat
i2 COIINKILLK.
LE (JOMTli.
Ce que Je m«irifais, vous l'avez emporté.
D. DIKr.UE.
Qui l\'i ;^aL;né sur vous l'avait mieux mérité.
LE COMTE
Qui peut mieux l'cxcner en est bien le plus digne.
D. dif:gue.
En être i oliisé n'en est pas un bon signe.
Vous l'avez eu par brigue, étant vieux courtisan.
D. DIÈGUE
I/éclat de mes hauts faits fut mon seul partisan.
LE COMTE
Parloiis-en mieux, le roi fait honneur à votre âge.
D. diî>g::e.
Le roi , quand il ev. fait, le mesure au courage.
LE COMTE
Et par là cet honneur n'était dû qu'à mon bras.
D. DIÈGUE
Qui n'a pu l'obtenir ne le méritait pas*.
LE COMTE
Ne le méritait pas! inoi?
D. DTÉGUE. Vous.
LE COMTE. Ton impudence, Téméraire vieillard , aura sa récompense.
(7/ li/i donne un soufflet.) D. DIÈGUE, mettant Vépée à la main.
Achève, et prends ma vie après un tel affront. Le premier dont ma race ait vu rougir son front.
LE COMTE
Et que penses-tu faire avec tant de faiblesse?
D. LiKGVE, désarmé.
0 Dieu! ma force usée en ce besoin me laisse!
Ton épée est à moi; mais ta serais trop vain, Si ce honteux trophée avait charcré ma main. Adieu. Fais lire au prince, en dépit de l'envie. Pour son instruction l'histoire de ta vie : D'un insolent discours ce juste châtiment Ne lui servira pas d'un petit ornement.
i. Voici lin exemple de ces dialogues vifs el concis que Corneille a Irt^sheureusemont imités de la scène errecqne. où ils sont beaucouo plus multipliés que sur notre théAtro. « La franchi.«ede la repartie a dit Chateaubriand au sujet d'un de ces dialogues de Corneille, la rapidité du tour et la hauteur des senUmenls ne manquent jamais d'y ravir le spectateur. >
CORNKILLIi:. S3