‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 27 sur 254 · Chimène, aimée de don Rodrigue · texte numérisé non relu

Chimène, aimée de don Rodrigue

4. Cette locution ironique paraîtrait aujourd'hui peu convenable dans une tragédie, mais n'u. les genres n'étaient pas, comme à présent, définis et limites avec exactitude : on aura plus d'une occasion de le remarquer dans Corneille.

GORNKILLR. 2*

Exnrcpz-la, monsieur, et gouvernez le prince : Montrez-lui comme il faut régir une province, Faire trembler partout les peuples sous sa loi, Remplir les l)ons d'amour et les méchants d'ellroi*; Joignez à ces venus celles d'un capitaine : Montrez-lui comme il faut sYmdurcir à la peine, Dans le m(;tier de M;irs se rendre sans égal , Passer les jours entiers et les nuits à cheval. Reposer tout armé, forcer une muraille, Et ne devoir qu'à soi le gain d'une bataille : Instruisez-le d'exemple, et rendez-le parfait, Expli(|uant à ses yeux vos leçons par l'edet.

D. Dll'GUE.

Pour s'insti iiire d'exemple, en dépit de l'envie. Il lira seulement l'histoire de ma vie. L<à, dans un long tissu de belles actions, Il verra comme il faut dompter les nations, Attaquer une pince, ordonner une armée, Et sur de grands exploits balir sa renommée.

LE COMTE

Les exemples vivants sont d'un autre pouvoir :

Un prince dans un livre apprend mal son devoir.

Et qu'a fait, après tout, ce grand nombre d'années

Que ne puisse égaler une de mes journées?

Si vous fûtes vaillant, je le suis aujourd'hui,

Et ce bras du royaume est le plus feimo appui ;

Grenade et l'Aragon tremblent quand ce fer brille :

Mon nom sert de rempart à toute la Castille :

Sans moi , vous passeriez bientôt sous d'autres lois.

Et vous auriez bientôt vos ennemis pour rois.

Chaque jour, chaque instant, pour rehausser ma gloire,

Met lauriers sur lauriers, victoire sur victoire.

Le prince à mes côtés ferait dans les combats

L'essai de son courage à l'ombre de mon bras :

Il apprendrait à, vaincre en me regardant faire;

Et, pour répondre en hâte à son grand caractère,

Il verrait....

D. DiÈGUE. Je le sais, vous servez bien le roi: Je vous ai vu combattre et commander sous moi. Quand l'âge dans mes nerfs a fait couler sa glace, Votre rare valeur a bien rempli ma place : Eulin, pour épargner les discours superllus, Vous êtes aujourd'hui ce qu'autrefois je lus. Vous voyez toutefois qu'en cette concurrence Un monarque entre nous met quelque dilférence.

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