‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 41 sur 254 · Revoir sur ce mol la note i , page 2G de ce volume · texte numérisé non relu

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4. Maintenant on retrancherait point dans une construction de ce genre. •5. « Voilà , s'c'crie Voltaire, ce fameux qu'il vvmrût , ce trait du plus prand

sublime, ce mol auquel il n'en esi aucun de ct)mi)aral)le dans toute l'antiquité.... Que de beautés, el d'où naissent-elles? d'une simple n»rprise irésnaturelle, sans eomplication d'événemcn's, sans aucune iiitrii,'ue n-cherchée, s.ius aucun eiïorl. » — « Ce qui est sublime dans ei-lle scène, selon la remarque judicieuse de Marmonlel, ce n'est pas seulement (elle réponse, c'est loulo la scène, c'est la gradation des seutiiuenls du vieil Horace el le

:î4 (:orni:illi:.

Ou (jii'un h(îaij (Itisospoir alors le secourût*. N*eùt-il quo d'un inoriicnl riiculé sa d'i faite, Romo ('fit étd du moins un pou plus tard sujette : Il eût avec lioimeiir laissé ints clievfîux gris; Et c'«'tait de sa vie un asse'î di^'ne prix. Il est do tout son sang coiuptajjltî à sa patrie, Chaque «.^outle é|)ar^née a sa gloire Hétrie* : Chaque instant do sa vie, après ee lâoho tour, Met d'autant plus ma honte avec la sienne au jour J'en romprai bien le cours; et ma juste eol^^ro, Contre un indigne Mis usant des droits d'un père*. Saura bien faire voir, dans sa punition, L'éclatant désaveu d'une telle action.

SABINE

Écoulez un peu moins ces ardeurs généreuses, Et ne nous rendez point tout à fait malheureuses.

LE VIEIL HORACE

Sabine, votre cœur se console aisément :

Nos malheurs jusqu'ici vous touchent faiblement.

Vous n'avez point encor de part à nos misères,

Le ciel vous a sauvé votre époux et vos frères ;

Si nous sommes sujets, c'est de votre pays :

Vos frères sont vainqueurs quand nous sommes trahis;

Et, voyant le haut point où leur gloire se monte,

dévcioppcment de ce noble caractère, dont le qu'il mourût n'est qu'un dernier celai. » Ou peut voir l'article du Sublime dans les Eléments de lillérature.

i. On a blâmé mal 5 propos ce vers, heureux en ce qu'il atténue ce qui pourrait paraître dur dans le précédent : après le citoyen, c'est l'iiomme qui parle; au cri de l'honneur échappé de la bouche du premier succède une pensée où le cœur du second se réfugie. La grande beauté de ce caractéredu vieil Horace, c'est qu'au patriotisme ron.ain , qui lui fait préférer le pays à ses enfants, il joint cependant la sensibilité d'un père.

2. Pour a flétri sa gloire: celle transposition de mots, dont Malherbe nous a déjà olTert un exemple, était jaois fort reçue en poésie. C'était tout à la fois une ressource et un ornement. La Fontaine a dit de même , Fablts, V, 8 :

Que les tièdes zéphyrs ont l'herbe rajeunie.

En citant un tour analogue à ceux-là el emprunté à Racine, l'abbé d'Olivel regrettait avec quelque raison, ce semble, la désuétude où des inversi ins de cette nature étaient tombées parmi nous; et il en prenait occasion d'observer que nos poêles , srénéraiement timiJes, s'étaient trop contentés des tours afîeciés à la prose, landis qu'ils auraient dû se montrer plus attcn tifs à maintenir leurs privilèges.

3. A Rome le père de famille élail magistrat, et avait sur ses enfanls droit de vie et de rnort. Il pouvait vendre son lils , et ce n'était qu'après trois ventes successives que son droit e.\|)irait. Le mariage même n'affranchissait pas le fils de lobéissaîice qu'il devait à son pèr.', « Le sentiment de celte toule-pidssance , observe M. Saint-Marc Girardin, devait donner à l'amour paternel, chez les Romains, un caractère particulier de dignité. »

CORNKILLK. 3S

Vous regardez fort peu ce qui nous vient de honte. Mais votre trop d'amour pour cet infâme opoiix Vous donnera bientôt à plaindre* comme a nous. Vos pleurs en sa faveur sont de faibles défenses : J'atteste des grar;(ls dieux les suprêmes puissances Qu'avant ce jour fini, ces mains, ces propres mains, Laveront dans son sang la honte des Romains.

SABINE

Suivons-le promploment : la colère l'emporte. Dieux, v<Tions-nons toujours des malhenrs de la sorte ? Nons faudra-t-il toujours en craindre de plus grands, Et toujours redouter la main de nos parents'?

Ciiina ^

(Kxiraits.)

ACTK I, ScÈNB III.

Cinnn, Emilie et Fulvic, sa confidente.

La conspiratijii.

ÉMiLiK. Cinna, votre assemblée Par l'e/Troi du péril n'est-elle point troublée? Et reconnaissez-vous au front de vos amis Qu'ils soient prêts à tenir ce qu'ils vous ont promis ?

\. Ce verbe csl employé ici , comme neutre , dans le sens du latin qucn.

2. « Ce dernier vers est de la plus grande beauté : non -seulement il dit ce dont il s'agit, mais il prépare ce qui doit suivre. » (Voltaire.) — « Les trois premiiTS actes d7/orace, pris séparément, sont pout-èlrc , malgré les impcrrcciions qui s'y mêlent, ce que Corneille a fait <le plus sublime. » A celle opinion de La ILirpe on peut joindre ces paroles de Corneille lui-même dans VExamen de sa irapédie : • C'est une croyance assez générale (pic celle pioce pourrait passer pour la plus belle des miennes, si les derniers actes répondaient aux premuTS. »

3. UiiML Suivant Voliairc, le pinceau de Corneille se montre dans celle pièce le métue que dans Uoraco, el l'ordonnance du lahlcau csi celle fois bien supérieure : les trois uuiléssonl ici observées autant que pos>ibie . sans (jue l'action soit gênée , sans que Laiileur paraisse faire le moindre effort Aussi Voltaire eslime-l-il que cette tragédie, qui renferme une gr;iiulc leçon de miviirs, peut p.isser, cpiels qu'en soient les défauts (le principal .c'est que litiiérèl se déplace; d'abord il s'a larlie h Cinna, puis i» Auguste ), pour le cbefd'fruvre de Corneille. La Harpe adopte ccl avis . qui lui semble éln; asstv. généralemenl reçu. Le snjel est l'iim- des plus belles actions d'Auguste racontée par Sénèiiue {dr. Clemenhu , I, 9i. Une couspiialiou vient d'élre tramée contre lui. A la tète de ce complot se trouve Cinna , le petit-lils de Pompée et l'amanl d'Lmilie. sa complice, dont le père avait été Tune dii victimes d'Octave dans les proscriptions du IriumviraU

?,ù COUNKlLLi:.

CINNA

Jamais oonire un lyran enlrcprise conçue

Ne pcrmil d'csp 'tcm' iino si hclif! issue: Jamais de telle ardeur on n'en jura la mort, El jamais conjurés ne furent mieux d'accord. Tous s'y montrent portf'S av(ic tant d'alié;;re«so, Qu'ils semblent, comme moi, servir UFie mailiesse; Et tons font eclalei' nii si [)uissanl courionx, Qu'ils semblent tous venger un père, comme vous.

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