AUGUSTE
En est-ce assez, ô ciel ! et le sort pour me nuire
A-t-il quelqu'un des miens qu'il veuille encor séduire?
Qu'il joigne à ses efForls le secours des enfers;
Je suis maître de moi comme de Tunivcrs ;
Je le suis, je veux rètie. 0 siècles! ô mémoire,
Conservez à jamais ma dernière victoire :
Je ti'iomphe aujourd'hui du plus juste courroux
De (|ui le souvenir puisse aller jusqu'à vous.
Soyons amis, Cinna, cVst moi qui Teu convie* :
Coînme à mon ennemi je t'ai donné la vie;
Et, malgré la fureur de ton lâche dessein,
Je le la donne encor comme à mou assassin.
Commençons un combat qui montre par l'issue
Qui l'aura mieux de nous ou donnée ou reçue.
Tu trahis mes bienfaits, je les veux redoubler :
Je t'en avais comblé, je l'en veux accabler'.
\. On francisait alors tous les noms propres latins, comme on a pu di^jà le voir: poùl auquel sont revenus de nos jours quelques poêles, mais qu'il no Paul suivre que dans une juste mesure. L'usage autorise et même impose 'tiic-fjivu. Vitlùre- Maxime ,clc. : il interdit Cos,sf, Crasse ou Brute, admis au temps de Corneille.
2. Voilà le passaiîe qui faisait verser des larmes au grand Condé; larmes, a dit Voltaire, « (^ui n'apparlifuncnt qu'à de belles âmes, » et que ce vers de l>uileau a noblement rappelées :
Le grjud Condi^ pleurant aux vers du grand Corneille.
3. L'admiration publique a tellement consacré les paroles prêtées à Auguste par Corneille « quon croirait, dit La Harpe, qu'il n'a pu s'exprimer
46 CORNKILLE.
Avec colle beauté* que j«; l'avais donn^'C, Reçois le consulal pour la prochaine année'...
Polycuctc *.
(l'extraits.)