‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 57 sur 254 · Acte V, Scène V · texte numérisé non relu

Acte V, Scène V

Félix, Pauline, Albin.

Pauline embrasse la foi chrétienne.

PAULINE

Père barbare, achève, achève ton ouvrage; Cette seconde hostie* est digne de ta rage : Joins ta liile à ton gendre : ose : que tardes-tu? Tu vois le môme crime, ou la môme vertu.

1. Ce vers, dit Voltaire , est dans le Cid, et est à sa place dans les deux [lièces.

J. • Ce mot, deux fois répété, dit Chflteaubriand , épale le.s plus beaux mois Mlorace. Corneille, qui se connaissait si bien en sublime, a scnli que r.inioiir pour U religion pouvail s'élever au dernier degré d'enlliou^iusme, puisque le chrélien aime Dieu comme la souveraine beauté et le ciel comuie sa pairie. • tlénie dn christianisme , II, m , 8.

3. Pour viciiwe. Ce subslanlif, fort employé dans notre ancienne |ioésie, et qui a perdu le sens où il est pris ici , a été justement re^Mellé par Voltaire.

ne ' GORNKiLLi:.

Ta barbarie en elle a les mAmes matières :

Mon ('poux, en mourant, m'a laissé ses lumières;

Son san^ , dont les bourreaux viennrMil fJ«; me couvur,

M'a dessillé les yeux, et me les vient douvrir*.

Je vois, je sais,* je crois, je suis df'sabu^ée* :

De ce bieniicureux san{^ lu me vois baplis^-e;

Je suis chrétienne enlin : n'esl-ro point assez dit?

Conserve, en nie perdant, fou rang et ton crédit;

r.cdoulc rciuporeur, appréhende Sévère;

Si tu ne veux périr, ma perlo est nécessaire :

Tolyeucte m'appelle à cet heureux trépas;

Je vois Ncarquc et lui qui me t('ndc:;t les bras.

Mène, mène-moi voir tes dieux que je déteste :

Ils n'en ont brisé qu'un, je briserai le re-^le.

On m'y verra braver tout ce que vous craignez,

Ces foudres impuissants qu'en leurs mains vous peignez,

Et, saintement rebelle aux lois de la naissance,

Une fois envers toi manquer d'obéissance.

Ce n'est point ma douleur que par là je fais voir ;

C'est la grâce qui p.irle, et non le désespoir.

Le faut-il dire encor? Félix, Je suis chrétienne.

Afî'ermis, par ma mort, ta fortune et la mienne :

Le coup à l'un et l'autre en sera précieux,

Puisqu'il t'assure eu terre, en m'élevant aux cieuxV

i. Ces deux expressions semblent identiques à Voltaire : ce n'est pas tout à fait exact. Des^ullcr, dont la racine est cil , c'est mettre les yeux en état de s'ouvrir. Le verbe suivant marque une gradation, et il n'y a pas de pléonasme.

2. Rolrou , imitant ce vers admirable, a dit , dans Saitil-Genest , avec moins de vivacité :

J'ai vu la vérité , je la suis , je l'embrasse.

3. Mais le sang de Polyeucie sera doublement fécond : ce n'est pas seulement Pauline, c'est Télix lui-même qu'il engendre à la foi chrélienne. La conversion de celui-ci termine la tragédie. H proclame sa foi nouvelle et convie ceux qui lenlourent à recueillir les sacrés corps des martyrs, à

.... Les baiser, les mettre en digne lieu, Et faire retentir partout le nom de Dieu.

CORNKILLR. 87

Uodugune *.

(Dénoûment.)

Animée d'une h'iine niort-llo contre Hodogune, dont ses deux fîh se sonl dispute' lu main, Cléopàlre a conspirt^ non-S(>ul(Mnenl la p.Tte de CvMle priniiL'sst», mais c>!lli' de s;'s propres cnfanis. Anliuclms, l'un iTeux , avait ijoniluit au le iij)le l^oilugune, qui allait dcvi-nir Kon l'pouse, cl la coréinnnic^ Clait prés de s'accomplir loisq l'un apprend luut à coup (jue I • frère d'Antiocliu><, Séleucns, [)erct^ .l'un coup d't'p e, vient de rendre le dernier soupir. L'un des personnages raconte qu'il l'a trouvé baigné dans son sang.

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