‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 61 sur 254 · t 11 faudrait plutôt ilcsrspoir que déplaisir. » Volt · texte numérisé non relu

t 11 faudrait plutôt ilcsrspoir que déplaisir. » Volt

3. t Tittiin- ii\';;iil élail alors une phrase faite pour les deux genres. On écrirait aujourd'hui : Irailev d'égale. » Volt.

«') COHNKILLK.

Qu'en son cœur du passé soutient le souvenir, Kl que j'avais raison de vouloir prtîvcnir. Elle a soif do mon san^% elle a voulu répandre' : J'ai prévu d'assez loin ce que j'en viens d'apprendre; Mais je vous ai laissé désarmer mon courroux. A lio'hxjinie.

Sur la foi de ses pleurs je n'ai rien craint de vous, Madame ; mais, ô dieux ! quelle rage est la vôtre! Quand je vous donm; un fils, vous assassinez l'autre, Et m'enviez soudain l'unique ot faible appui Qu'iiiie mère op()rimée eût pu trouver en lui ! Quand vous m'accablerez, où sera mon refu^'o? Si je m'en plains au roi, vous possédez mon juge; Et s'il m'ose écouter, peut-êtn;, hélas ! en vain Il voudra se fjarder de celte même main. Enfin je suis leur mère, et vous leur ennemie; J'ai recherché leur gloire, et vous leur infamie; Et si je n'eusse aimé ces fils que vous m'ôtez. Votre abord en ces lieux les eût déshérités. C'est à lui maintenant, en celle concurrence, A régler ses soupçons sur cette ditri-rence, A voir de qui desMeux il doit se défier. Si vous n'avez un charme à' vous justifier.

RODOGUNE, à Cléopâtre.

Je me défendrai mal : l'innocence étonnée Ne peut s'imaginer qu'elle soit soupçonnée; Et n'ayant rien prévu d'un allenlal si grand. Qui l'en veut accuser sans peine la surprend.

Je ne m'étonne point de voir que votre haine Pour me faire coupable a quitté Timagène*. Au moindre jour ouvert de tout jeter sur moi. Son récit s'est trouvé digne de voire foi. Vous l'accusiez pourtant, quand votre âme alarmée Craignait qu'en expirant ce fils vous eût nommée; Mais de ses derniers mots voyant le sens douteux, Vous avez pris soudain le crime entre nous deux. Certes, si vous voulez passer* pour véritable

1. « Epandre était un terme heureux qu'on employait , au besoin , au lieu de répandre: ce mol a vieilli.» Volt. — On ajoutera cependani que le même mot se trouve encore chez Goileau et chez plusieurs autres bons auteurs du siècle de Louis XIV, qui semblent l'avoir i)réréré à répandre, enfin jusque dans la Henriade de Voltaire.

2. Voltaire remarque, au sujet de ces belles tirades, que « les deux princesses parient exactement comme elles devaient parler. » On ne peut mieux louer leurs discours; et c'est même le plus solide éloge qui puisse être fait des discours en général.

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