‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 33 sur 115 · Idyllks. (Michel Lévy édit · texte numérisé non relu

Idyllks. (Michel Lévy édit

LE LYRIQ1 DESCRIPTIF 115

vacarme, qu'il fallut renoncer à tout sommeil pour le reste de la unit, i h hurlement sauva e retentissait; parmi les voix nombreuses qui éclataient à la fois , les Indiens ne purenl reconnaître que celles qui se faisaient entendre Beulea après un court temps d'arrêt. C'était le piaulement plaintif des alouates (singes hurleurs), le gémissement flûte des petits sapajous, le grognement babillard du singe noo turns rayé, les cris saccadés du grand tigre, du oouguarà mi lion d'Amérique sans crinière, du pécari, de l'ai, d'une

h de perroquets et d'autres oiseaux, semblables aux faisans. Quand les tigres approchaient de la lisière de la forêt, notre chien, qui jusque-là aboyait sans interruption, venait en hurlant chercher un refuge sous nos hamacs. Quelquefois le cri du tigre partait du haut d'un arbre; et alors il était constamment accompagné des sons modulés, plaintifs,

singes, qui cherchaient à se soustraire à quelque poursuit •> m attendue.

Lorsqu'on demande aux Indiens la cause de ces bruits continuels pendant certaines nuits, ils répondent en souriant que « les animaux se réjouissent du beau clair de lune, qu'ils c fêtent la pleine lune. » La scène tumultueuse me paraissait plutôt occasionnée par un combat d'animaux, mis aux prises accidentellement, mais dont la lutte en se prolongeant propage de plus en plus le tumulte. Le jaguar poursuit les pécaris et les tapirs, qui, dans leur fuite, brisent les buissons arborescents , épais, qui leur barrent le passage. Ainsi alarmés, les singes mêlent, du haut des arbres, leurs cris à ceux des grands quadrupèdes; ils réveillent les troupes d'oiseaux perchés en société, et peu à peu l'alerte se communi-

■ tous les animaux. Nous savons, par une longue expérience, que ce n'est point toujours « la fête du clair de lune » qui trouble le silence des forêts. Les voix étaient des plus issiut'S pendant de fortes averses, ou quand la foudre, au milieu du roulement du tonnerre, éclairait 1 intérieur du bois. Le bon franciscain, qui nous avait accompagnés, à travers les cataractes, jusqu'à la frontière du Brésil, avait coutume de dire, lorsqu'il redoutait un orage à l'entrée de la nuit . « Que le ciel nous procure une nuit tranquille, à nous ainsi qu'aux bêtes féroces de la forêt. »

Humboldt (Traduit par Gh. Galusky.)

La Grotte de Thétis.

Ici, le dieu du jour achève sa carrière, Le sculpteur a marqué ces longs traits de lumière, Ces rayons dont l'éclat, dans les airs s'épanchant, Feint d'un si riche émail les portes du couchant. On voit aux deux côtés le peuple d'Amathonte Préparer le chemin sur des dauphins qu'il monte. Des troupes de zéphyrs dans les airs se promènent, Les Tritons empressés sur les flots vont et viennent.

Le dedans de la grotte est tel, que les regards, Incertains de leur choix, courent de toutes parts. Tant d'ornements divers, tous capables de plaire, Font accorder le prix tantôt au statuaire, Et tantôt à celui dont l'art industrieux Des trésors d'Amphitrite a revêtu ces lieux. La voûte et le pavé sont d'un rare assemblage ; Ces cailloux que la mer pousse sur son rivage, Ou qu'enferme en son sein le terrestre élément, Différents en couleur, font maint compartiment. Au haut de six piliers d'une égale structure, Six masques de rocaille, à grotesque figure, Songes de l'art, démons bizarrement forgés, Au-dessus d'une niche en face sont rangés : De mille raretés la niche est toute pleine : Un Triton d'un côté, de l'autre une Sirène, Ont chacun une conque en leurs mains de rocher; Leur souffle pousse un jet qui va loin s'épancher. Au haut de chaque niche un bassin répand l'onde : Le masque la vomit de sa gorge profonde; Elle retombe en nappe, et compose un tissu Qu'un autre bassin rend sitôt qu'il l'a reçu. Le bruit, l'éclat de l'eau, sa blancheur transparente, D'un voile de cristal alors peu différente, Font goûter un plaisir de cent plaisirs mêlé. Quand l'eau cesse, et qu'on voit son cristal écoulé, La nacre et le corail en réparent l'absence : Morceaux pétrifiés, coquillage, croissance, Caprices infinis du hasard et des eaux, Reparaissent aux yeux, plus brillants et plus beaux. Dans le fond de la grotte une arcade est remplie De marbres à qui l'art a donné de la vie. Le dieu de ces rocherSj sur une urne Denché,

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