‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 42 sur 115 · CHRÉMYLE · texte numérisé non relu

CHRÉMYLE

Qu'il soit le tien cent fois!

LA PAUVRETE

Et sois tout aussi sûr Qu'il faii'lra, pour dormir, te passer de couchette; Adieu lits et tapis! Qui prendra la navette Du jour où l'on verra l'or abonder pour tous? Qui donnera la myrrhe en flots brillants et doux? Et L'ambre, ces parfums des jeunes hymen Et Us manteaux brodés, et les robes ornées? A quoi vous servira de vous voir opulents. Si vous manquez de tout, pour manquer d'artisans? l'en procure aujourd'hui : maîtresse Impitoyable, Je suis là, tourmentant l'ouvrier misérable,

ihasse du lit, je l'excite, et sa main Travaille jour et nuit pour un morceau de pain.

Fallex (Trad. d'Aristuphaut).

Péripéties d'Andromaque.

Seigneur, voyez l'état où vous me réduisez : J'ai vu mon père mort et nos murs embrasés; J'ai vu trancher les jours de ma famille entière, Et mon époux sanglant traîné sur la poussière, Son fils, seul avec moi, réservé pour les fers; Mais que ne peut un fils! je respire, je sers. J'ai fait plus; je me suis quelquefois consolée Qu'ici plutôt qu'ailleurs le sort m'eût exilée; Qu'heureux dans son malheur le fils de tant de rois, Puisqu'il devait servir, fût tombé sous vos lois : J'ai cru que sa prison deviendrait son asile. Jadis Priam soumis fut respecté d'Achille : J'attendais de son fils encor plus de bonté. Pardonne, cher Hector! à ma crédulité : Je n'ai pu soupçonner ton ennemi d'un crime; Malgré lui-même enfin je l'ai cru magnanime. Ah! s'il l'était assez pour nous laisser du moins Au tombeau qu'à ta cendre ont élevé mes soins; Et que, finissant là sa haine et nos misères, Il ne séparât point des dépouilles si chères I

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