PYRRHUS
Va m'attendre, Phœnix.
Madame, demeurez. " On peut vous rendre encor ce fils que vous pleurez. Oui, je sens à regret qu'en excitant vos larmes Je ne fais contre moi que vous donner des armes : Je croyais apporter plus de haine en ces lieux. Mais, madame, du moins tournez vers moi les yeux; Voyez si mes regards sont d'un juge sévère, S'ils sont d'un ennemi qui cherche à vous déplaire. Pourquoi me forcez-vous vous-même à vous trahir? Au nom de votre fils cessons de nous haïr. A le sauver enfin c'est moi qui vous convie. Faut-il que mes soupirs vous demandent sa vie? Faut-il qu'en sa faveur j'embrasse vos genoux? Pour la dernière fois sauvez-le, sauvez-vous. Je sais de quels serments je iomps pour vous les chaînes, Combien je vais sur moi faire éclater de haines. Je renvoie Hermione, et je mets sur son front Au lieu de ma couronne un éternel affront : Je vous conduis au temple où son hymen s'apprête;
Je vous ceins du bandeau préparé pour sa tète. M. us ce n'est plus, madame, une offre à dédaigner : le vous Le dis, il faut ou périr ou régner. Mon cœur, désespéré d'un an d'ingratitude,
it plus de son sort souffrir l'incertitude : C'est craindre, menacer et gémir trop longtemps. Je meurs si je vous perds, mais je meurs si {'attends. Songez-y; je vous laisse, et je viendrai vous prendre Pour vous mener au temple où ce fils doit m'attendra ; Et là vous me verrez, soumis ou furieux. Vous couronner, madame, ou le perdre à vos yeux.