‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 48 sur 115 · CURIACE · texte numérisé non relu

CURIACE

Quel adieu vous dirai-je?et par quels compliments...

LE VIEIL HORACE

Ali ! n'attendrissez point ici mes sentiments. Pour vous encourager, ma voix manque de termes. Mon cœur ne forme point de pensers assez fermes, Moi-même en cet adieu j'ai les larmes aux yeux : Faites votre devoir, et laissez faire aux dieux.

Péripétie du combat des Horaces.

LE VIEIL HORACE

Nous venez-vous, Julie, apprendre la victoire?

JULIE

Mais plutôt du combat les funestes effets :

Rome est sujette d'Albe, et vos fils sont défaits ;

Des trois les deux sont morts, son époux seul vous reste.

LE VIEIL HORACE

0 d'un triste combat effet vraiment funeste l Rome est sujette d'Albe, et pour l'en garantir Il n'a pas employé jusqu'au dernier soupir ! Non, non, cela n'est point, on vous trompe, Julie ; Rome n'est point sujette, ou mon fils est sans vie : Je connais mieux mon sang, il sait mieux son devoir.

JULIE

Mille, de nos remparts, comme moi l'ont pu voir. Il s'est fait admirer tant qu'ont duré ses frères ; Mais, comme il s'est vu seul contre trois adversaires, Près d'être enfermé d'eux, sa fuite l'a sauvé.

LE VIEIL HORACE

Et nos soldats trahis ne l'ont point achevé ! Dans leurs rangs à ce lâche ils ont donné retraite !

JULIE

Je n'ai rien voulu voir après cette défaite.

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