‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 64 sur 115 · ORATOIRE · texte numérisé non relu

ORATOIRE

Bile,

ti

loutables qui étal ni au ux du mi aité tout entière. Vous

ia choses rnis ; une longue et iioM s <■' un rs ; tout i

ux. la h . accumulé

mi ensuite est exposée à tous les outru fort 1 1 1 1 une cause d'abord suivie do bons bi

tours soudains, des ri >ls inouïs : la

.emps retenue, à la fin tout à fuit maîtresse ; nul frein à la licence; les lois abolies; la majesté violée par dos attentats jusqu'alors inconnus; l'usurpation et la tyrannie sous le nom de liberté; une reine fugitive, qui ne trouve aucune retraite dans trois royaumes, et à qui propre patrie n'est plus qu'un triste lieu d'exil; neuf vo\ sur mer, entrepris par une princesse, malgré les temp. l'Océan étonné de se voir traversé tant de fois en des appareils si divers et pour des causes si différentes; un trône Indignement renversé et miraculeusement rétabli : voi1

lignements que Dieu donne aux rois. Ainsi l'ait-il voir au monde le néant de ses pompes et de ses grandeurs. Si les paroles nous manquent, si les expressions ne

. un sujet si vaste et si par-

ûmes. Le cœur d'une grande reine, r une si rospérités , et

loutà coup dans un abîme d'amertumes, parz haut; et, s'il n'est pas permis aux particuliers aire des leçons aux princes sur d ments si

étranges, un Roi me prête ses paroles pour leur dire : lez, - de la terre: instruisez-vous, arbitres du

monde! Bossuet.

Cronrwell.

Un homme s'est rencontré d'une profondeur d'esprit incroyable, hypocrite raffiné autant qu'habile politique, capable

de tout entreprendre et de tout cacher l, également actif et infatigable dans la paix et dans la guerre, qui ne laissait rien à la fortune de ce qu'il pouvait lui ôter par conseil et par prévoyance ; mais au reste si vigilant et si prêt à tout, qu'il n'a jamais manqué les occasions qu'elle lui a présentées; enfin un de ces esprits remuants et audacieux qui semblent être nés pour changer le monde.

Que le sort de tels esprits est hasardeux, et qu'il en paraît dans l'histoire à qui leur audace a été funeste! Mais aussi que ne font-ils pas, quand il plaît à Dieu de s'en servir II fut donné à celui-ci de tromper les peuples et de prévaloir contre les rois.

Car, comme il eut aperçu que dans ce mélange infini de sectes, qui n'avaient plus de règles certaines, le plaisir de dogmatiser sans être repris ni contraint par aucune autorité ecclésiastique ni séculière était le charme qui possédait les esprits, il sut si bien les concilier par là, qu'il fit un corps redoutable de cet assemblage monstrueux. Quand une fois on a trouvé le moyen de prendre la multitude par l'appât de la liberté, elle suit en aveugle, pourvu qu'elle en entende seulement le nom. Ceux-ci, occupés du premier objet qui les avait transportés, allaient toujours sans regarder qu'ils allaient à la servitude, et leur subtil conducteur, qui, en combattant, en dogmatisant, en mêlant mille personnages divers, en faisant le docteur et le prophète aussi bien que le soldat et le capitaine, vit qu'il avait tellement enchanté le monde qu'il était regardé de toute l'armée comme un chef envoyé de Dieu pour la protection de l'indépendance, commença à s'apercevoir qu'il pouvait encore les pousser plus loin.

Je ne vous raconterai pas la suite trop fortunée de ses entreprises, ni ses fameuses victoires dont la vertu est indignée, ni cette longue tranquillité qui a étonné l'univers. C'était le conseil de Dieu d'instruire les rois à ne point quitter son Eglise. Il voulait découvrir, par un grand exemple, tout ce que peut l'hérésie; combien elle est naturellement indocile et indépendante, combien fatale à la royauté et à toute autorité légitime. Au reste, quand ce grand Dieu a choisi quelqu'un pour être l'instrument de ses desseins, rien n'en arrête le cours : ou il enchaîne, ou il aveugle, ou il dompte tout ce qui est capable de résistance. Bossuet.

1. Animus audax, subdolus, vai-ius, cujuslibel rei Simulator ac dissimulator. (Salluste, Catilina, V.)

Songe d'Anne de Gonzague.

admirable de ceux que Dieu fait venir du

itère des es, dont les images sont si nettes

i l'un voit je ne sais quoi de céleste. Elle

c'est elle-même qui le raconte au sainl abbé : écoutez,

et prenez garde surtout de n'écouter pas avec mépris l'or Ire

tnents divins et la conduite de la grâce; elle

crut, dis-je, que, marchant seule dans une forêt, «-lie y avait

rencontré un aveugle dans une petite loge. Elle s'approche

pour lui demander s'il était aveugle de naissance, ou s'il

l'était devenu par quelque accident. Il répondit qu'il était.

aveugle-né. «Vous ne savez .lune pas, reprit-elle, ce que

c'est que la lumière, qui est si belle et si agréable, et le soleil

qui a tant d'éclat et de beauté? — Je n'ai, dit-il, jamais joui

de ce bel objet, et je ne m'en puis former aucune idée. Je

ne laisse pas de croire, continua-t-il, qu'il est d'une beauté

ssante. L'aveugle parut alors changer de voix et de

visage, et prenant un ton d'autorité : « Mon exemple, dit-il,

vous doit apprendre qu'il y a des choses très-excellentes et

très-admirables qui échappent à notre vue, et qui n'en sont

ni moins vraies ni moins <lè>irables, quoiqu'on ne les puisse

ni comprendre ni imaginer. »

C'est en effet qu'il manque un sens aux incrédules, comme à l'aveugle; et ce sens, c'est Dieu qui le donne, selon ce que dit saint Jean : « Il nous a donné un sens pour connaître le vrai Dieu, et pour être en son vrai Fils. Dédit fiobf's sensum ut KdmtM wrum Deum, et siuai> in vero fiiio tjus. » Notre princesse le comprit. En même temps, au milieu d'un songe si mystérieux, elle fit l'application de la belle comparaison de L'aveugle aux vérités de la religion el de l'autre vie. Ce sont ses mots que je vous rapporte. Dieu, qui n'a besoin ni de temps ni d'un long circuit de raisonnements pour se faire entendre, tout à coup lui ouvrit les yeux. Alors, par une soudaine illumination, elle se sentit si éclairée (c'est ellemême qui continue à vous parler), et tellement transportée de la joie d'avoir trouvé ce qu'elle cherchait depuis si 1 temps, qu'elle ne put s'empêcher d'embrasser l'aveugle, dont le discours lui découvrait une plus belle lumière que celle dont il était privé. 4 Et, dit-elle, il se répandit dans mon cœur une joie si douce et une foi si sensible, qu'il n'y a point de paroles capables de l'exprimer. »

Vous attendez, chrétiens, quel sera le réveil d'un sommei

si doux et si merveilleux. Ecoutez, et reconnaissez que ce songe est vraiment divin. Elle s'éveilla là-dessus, dit-elle, et se trouva dans le même état où elle s'était vue dans ce mirable songe, c'est-à-dire tellement changée, qu'elle avait peine à le croire. Le miracle qu'elle attendait est arrivé : elle croit, elle qui jugeait la foi impossible; Dieu la change par une lumière soudaine, et par un songe qui tient de l'extase. Tout suit en elle la même force. « Je me levai, poursuitelle, avec précipitation : mes actions étaient mêlées d'une joie et d'une activité extraordinaires. » Vous le voyez : cette nouvelle vivacité, qui animait ses actions, se ressent encore dans ses paroles. « Tout ce que je lisais sur la religion me touchait jusqu'à répandre des larmes. Je me trouvais à la messe dans un état bien différent de celui où j'étais accoutumée d'être. » Car c'était de tous les mystères celui qui lui paraissait le plus incroyable. « Mais alors, dit-elle, il me semblait sentir la présence réelle de Notre-Seigneur, à peu près comme l'on sent les choses visibles, et dont on ne peut douter. »

Ainsi elle passa tout d'un coup d'une profonde obscurité à une lumière manifeste. Les nuages de son esprit sont dissipés : miracle aussi étonnant que celui où Jésus-Christ lit tomber en un instant des yeux de Saul converti cette espèce d'écaillés dont ils étaient couverts. Qui donc ne s'écrierait à un si soudain changement : « Le doigt de Dieu est ici? »

Bossuet.

La Mort du pécheur.

Le pécheur mourant, ne trouvant dans les .souvenirs du passé que des regrets qui l'accablent, dans tout ce qui se passe à ses yeux que des images qui l'affligent, dans la pensée de l'avenir que des horreurs qui l'épouvantent, ne sait plus à qui avoir recours, ni aux créatures qui lui échappent, ni au monde qui s'évanouit, ni aux hommes qui ne sauraient le délivrer de la mort, ni au Dieu juste qu'il regarde comme un ennemi déclaré, et dont il ne doit plus attendre d'indulgence. Il se roule dans ses propres horreurs; il se tourmente, il s'agite pour fuir la mort qui le saisit ou du moins pour se fuir lui-même : il sort de ses yeux mourants je ne sais quoi de sombre et de farouche qui exprime les fureurs de son âme; il pousse du fond de sa tristesse

GF.N'ici: Dl IMATH Dl — M ORATOI 175

n'entend qu'à ir <iui ■

i c'est le qui se dissout, ou 1 he de son

il soupire profoi le sou-

-es crimes qui lui arrache i oir de quitter la \i< . EnÛn, m mili

;es yeux se un fit, son m

figure, s;i bouche : tout

- Irémit; et parce demie tome infort!

s'arrache comme à regret de ce c >rj entre

lains '!<• Dieu, et se trouve, seule, aux pieds du tri l le. -SILLON.

Profession de fol en 1789.

.ti-je donc fait de si coupable? j'ai désiré que mon pour donner aujourd'hui ce qui lui infailliblement arraché demain; j'ai désiré qu'il s'assurât lérite et la gloire de provoquer rassemblée des trois ordres, que toute la Provence demande à l'envi.... Voilà le de l'ennemi de la paix! ou plutôt j'ai cru que le peuple pouvait avoir raison....

Ah! sans doute un patricien souillé d'une telle pensée ;e des supplices! Mais je suis bien plus coupable qu on ippose; car je crois que le peuple qui se plaint a toujours raison, que son infatigable patience attend constamment les derniers excès de l'oppression pour se résoudre à la résistance; qu'il ne résiste jamais ossez longtemps pour obtenir la réparation de tous ses griefs; qu'il ignore trop que pour ses ennemis, il lui suf-

ht h immobile, et que le plus innocent comme le

plus invincible des pouvoirs est celui de refuser à faire.... Je 'pense ainsi; punissez l'ennemi de lapais.

Mais vous, ministres d'un Dieu de paix, qui, institués pour bénir et non pour maudire, avez lancé sur moi l'anatli'ine, sans daigner même essayer de me ramener à d'antres maximes! Et vous, amis de la paix, qui dénoncez au peuple, avec la véhémence de la haine, le seul défenseur qu'il ait trouvé hors de son sein: qui, pour cimenter la concorde, remplissez la capitale et la province de placards propres à

armer le peuple des campagnes contre celui des villes, si; vos faits ne réfutaient pas vos écrits; qui, pour préparer! les voies de conciliation, protestez contre le règlement | provisoire de convocation des états généraux, parce qu'il donne au peuple un nombre de députés égal à ceux des autres ordres réunis ; et contre tout ce que fera l'assemblée nationale, si ses décrets n'assurent pas le triomphe de vos prétentions, l'éternité de vos privilèges; généreux amis de la paix, j'interpelle ici votre honneur, et je vous somme de déclarer quelles expressions de mon discours ont attenté au respect dû à l'autorité royale ou aux droits de la nation?.... Nobles Provençaux, l'Europe est attentive; pesez votre réponse. Hommes de Dieu, prenez garde, Dieu vous écoute.

Que si vous gardez le silence, si vous vous renfermez dans les vagues déclamations que vous avez lancées contre moi, souffrez que j'ajoute un mot : Dans tous les pays, dans tous les âges, les aristocrates ont implacablement poursuivi les amis du peuple; et si, par je ne sais quelle combinaison de la fortune, il s'en est élevé quelqu'un dans leur sein, c'est celui-là surtout qu'ils ont frappé, avides qu'ils étaient d'inspirer la terreur par le choix de la victime. Ainsi périt le dernier des Gracques de la main des patriciens; mais, atteint du coup mortel, il lança de la poussière vers le ciel, en attestant les dieux vengeurs; et de cette poussière naquit Marius, Marius , moins grand pour avoir exterminé les Cimbres que pour avoir abattu dans Rome l'aristocratie de la noblesse.

Mais vous, communes, écoutez celui qui porte vos applaudissements dans son cœur sans en être séduit. L'homme n'est fort que par l'union ; il n'est heureux que par la paix. Soyez fermes, et non pas opiniâtres; courageux, et non pas tumultueux; libres, mais non pas indisciplinés; sensibles, mais non pas enthousiastes. Ne vous arrêtez qu'aux difficultés importantes, et soyez alors entièrement inflexibles; mais dédaignez les contentions de l'amour-propre, et ne mettez jamais en balance un homme et la patrie; surtout hâtez autant qu'il est en vous l'époque de ces États généraux, qu'on vous accuse d'autant plus âprement de reculer, qu'on en redoute davantage les résultats : de ces États généraux, où tant de prétentions seront déjouées, tant de droits rétablis, tant de maux réparés; de ces États généraux enfin, où le monarque lui-même désire que la France se régénère.

BBNRE DRAMATIQUE — GBNR* ORATOIRE 177

Pouf moi '|ni, dans ma carrière publique, n'ai jamais craint que d'avoir tort; moi qui, enveloppé de ma conscience et armé de principes, braverais l'univers, mmi q ,<■ nie.- travaux et m. i \.>i\ vous soutiennent dans L'assemblée nationale, r-c .î l que mes vœux seuls vous y accompagnent; de vaines clameurs, '!■ protestations injurieuses, des menaces ardentes, toutes les convulsions, en un mot, des préjugés expirants, ne m'en imposeront pas. Eh! comment B'arrèterait-i] aujourd'hui dans sa course civique celui qui, Le premier d'entre Les français, a professé hautement -es opinions sur les affaires nationales, Mans un temps où les circonstances étaient bien moins urgentes et la tâche bien plus périlleuse? Nonl les outrages ne lasseront pas ma constance : j'ai élé, je suis, je srr, ii jusqu'au tombeau l'homme de la liberté publique, L'homme de la constitution. Malheur aux ordres priviléj si c'est là plutôt être l'homme du peuple que celui des nobles! car les privilèges finiront; mais le peuple est éternel.

Mirabeau.

La Noblesse française en 1815.

L'ancienne noblesse a repris une portion de ce que lu loi royale de Louis XVI lui avait été; elle a repris, d'après une loi, les titres qui taisaient partie de ce que lui avait enlevé une autre loi. La Charte dit : « La nouvelle noblesse conserve les siens. » On conserve ce qu'on a, on reprend ce qu'on n'a plus.

La Charte a donc rendu à la noblesse, quoi, Messieurs? Bes titres, en ajoutant: « sans aucune exemption des char- 1 îles devoirs de la société. ï Maintenant que sont des tiiies sans exemptions, sans avantages, sans pouvoir? Des mots plus ou moins sonores, plus ou moins agréables, dont quelques individus avaient tellement l'habitude d'entourer leur nom, qu'ils en avaient déjà demandé la permission à tous ceux qui avaient tenu en main la puissance; la Charte, (lui n'a voulu eflrayer personne, a toléré celte récréation innocente.

Mais des titres qui ne sont, je le répète, soutenus par au- CUn pouvoir, favorisés par aucune exemption, constitueraient-ils une classe particulière dont les membres auraient, eux des intérêts communs, c'est-à-dire différents de ceux du peuple? Et quels seraient donc ces intérêts spé-

ciaux appartenant à la noblesse seule? Ce ne pourraient être les intérêts garantis p^ir la Charte : ils sont communs à tous les Français. Seraient-ce des intérêts opposés, incompatibles avec l'égalité devant la loi, avec l'admissibilité à tous les emplois ? Pour défendre de pareils droits, ou plutôt de pareils privilèges, il faut avoir la force; et oîi serait la force de la noblesse contre le peuple ? Certes, pour le bien de ceux mômes qu'on voudrait investir d'une distinction dangereuse et illusoire, il faut repousser l'assertion imprudente de M. le rapporteur. Que je plaindrais la noblesse, si file était une classe particulière, en présence de tant de classes rivales, en présence et du travail qui féconde la France, et de l'industrie qui l'enrichit, et du commerce qui multiplie les richesses, et des lumières qu'aucune vexation ne peut arrêter ; en présence de la propriété qui se dissemine et se disséminera toujours, quoi qu'on fasse, et d'une génération tout entière, forte et laborieuse, qui repousse tout ce qui dédaigne d'être de son espèce, parce qu'elle mérite et qu'elle veut l'égalité!

Réfléchissez-y bien ! N'est-il pas téméraire d'adopter un article de loi qui suppose, comme M. le rapporteur l'insinue, qu'on est disposé à crier à bas les nobles I Chacun se demanderait : Qu'ont fait les nobles pour être l'objet d'une telle aversion ? Se séparent-ils du peuple avec insolence ? Se partagent-ils ses dépouilles avec avidité ? Ont-ils ravagé son territoire ? Conspirent-ils contre ses institutions? Ces questions, Messieurs, le projet les provoque ; il n'est pas bien de les provoquer.

Nous parlera-t-on , comme dans le rapport, d'une tendance républicaine, contre laquelle il faut renforcer l'autorité royale?

Messieurs, il y avait en France, en 1788, une monarchie absolue, avec ses lits de justice, ses lettres de cachet, sa police, sa censure. Ces choses amenèrent la révolution, qui fit momentanément de la France une république. Cette république fut livrée à une assemblée ignorante, furieuse, qui, par son mode électoral, avait pris soin d'empêcher que des choix nationaux n'en renouvelassent les éléments : elle étouf» fait les discussions par des vociférations; elle accablait d'injures ceux de ses membres qui n'encensaient pas ses opi« nions; elle dominait un directoire faible de talent, et violent par faiblesse : de là des procès politiques, des persécutions., et la servitude. Ces choses firent détester la république, el l'amenèrent :, lie.

i IQUB — &KNR] ORATOIRE 179

ml la république opprime, il y a une tendance mon r-

[uand la monarchie opprime, il y a une tendance

républicaine. Voyez laquelle de ces deux tendances vous

roulez t.ivoriser

Pour l'intérêt des nobles, laissez-les se confondre dans la

d; qu'ils mérib adoptés par elle, c'est une assez

'de et une assez noble famille. Benj. Constant.

L'Éducation politique.

Dès ses jeunes années, le fils du patricien, c'est-à-dire de

nie publie, envisage avec passion lavenir qui l'attend

ice de ses concitoyens, n ne dédaigne pas les lettres;

car les lettres, il le sait, c'est la suprématie de l'esprit, c'est,

juence et le goût, l'histoire du monde, la science

mies et des libertés, la lumière reçue des temps,

1 re de tous les grands hommes descendant deleurgluire

l'âme qui veut leur ressembler, et lui apportant, avec

la majesté de leur souvenir, le courage de faire comme eux.

les peuples vivants, la culture des lettres est, après la

ion, le premier trésor public, l'arôme de la jeunesse et

viril. Le jeune patricien s'y plait et s'y donne;

il s'y pi i c mine Démosthène, il s'y donne comme Cicérun;

et toutes ces images du beau, en le préparant au devoir de

la cité, lui font déjà une arme présente contre les erreurs

trop précoces de ses sens. Ainsi se forme, en de hautes

dilations et de limes habitudes, l'élite nationale d'un

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