‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 63 sur 115 · Heureuse réminiscence d'un beau vers de Corneille · texte numérisé non relu

Heureuse réminiscence d'un beau vers de Corneille

La gloire de leur mort m'a payé de lenr perte. (Horace, I'.I, 6.J t. Théâtre. (Michel Lévy édit.)

GENRE DRAMATIQUE — GVBNRB ORATOIR1 169

A toute heure, autrefois] je pouvais te dre,

Kiaut BÛr d'approw er ce que J'allais entei

Un jour, — je m'en souviens encore mol pour moi, —

A i e inèiiif banquier taisant sonner la dot :

i Je ne vends, disais-tu, ni mon corps ai mon âme,

Ki ne me marirai que pour aimer ma femme. »

Ali! tu trouvais alors des accents convaincus;

Tu n'aurais pas molli devant cent mille ÔCUS;

i.e cœur vivait alors, et l'on t'eûl bien Fait rire,

Si des gens clairvoyants étaient venus te dire Qu il pourrait arriver, certain jour, certain cas Où quelque cinquante ans ne l'effrayeraient pa

GEORGE

Si j'ai changé d'avis, connaissant mieux les bomm Ne m'en accuse pas, mais le siècle où nous sommes.

RODOLPHE

Le siècle! et comment?

GEORGE

Oui, ce siècle sans pudeur, Ce siècle où la richesse est la seule grandeur, Où l'on comble d'égards le fripon qui s'engraisse, Où la probité pauvre est un manque d'adresse.

RODOLPHE

Ah! ah!

GEORGE

J'ai fait, je crois, une honnête action Qu'en ai-je retiré?

RODOLPHE

Ton approbation.

Que diable! est-ce qu'on l'ait le bien pour un salaire? Il serait trop commode, en ce cas, de bien faire; Et si c'est le profit que l'on a calculé, On n'a pas agi bien, on a bien spi culé.

GEOHGE.

Mon approbation, morbleu! renoùra-t-elle Mon union rompue avec mon infidèle?

RODOLPHE

Non; mais, ayant ap:i comme il fallait agir,

Tu peux à les amis te montrer sans rougir;

Je te serre la main, moi : c'est bien quelque chose,

Je ne la serre pas à beaucoup, et pour cause.

GEORGE

Comme pour m'enfoncer plus avant le poignard,

Le sort nous met ici tous les deux en regard :

RODOLPHE

Venge-toi noblement, et qu'elle soit punie Par le regret d'avoir méconnu ton uénie! Travaille !

GEORGE

Ah! mon génie! oui. parlons-en un peu!

Je me crus animé de ce souffle de Dieu, Et pour quelques dessins que vantaient mes convives, Je suis peintre, disais-je en mes fiertés naïves ! Or, ce qu'on admirait d'un air si convaincu, Je n'en puis pas trouver seulement un écu. Le marchand, vois-tu bien, c'est la pierre de touche; Jamais le compliment n'approcha de sa bouche; Comme l'enthousiasme est son moindre défaut, Quand on sort de chez lui l'on sait ce que l'on vaut, Et on mesure .lors la distance profonde Du véritable artiste à l'artiste du monde.

Ponsardi.

Fragments de l'Oraison funèbre de la Reine d'Angleterre.

Exorde.

Celui qui règne dans les cieux, et de qui relèvent tous les empires, à qui seul appartient la gloire, la majesté et l'indépendance, est aussi le seul qui se glorifie de faire la loi aux rois, et de leur donner, quand il lui plaît, de grandes et terribles leçons. Soit qu'il élève les trônes , soit qu'il les abaisse; soit qu'il communique sa puissance aux princes, soit qu il la retire à lui-même, et ne leur laisse que leur propre faiblesse, il leur apprend leurs devoirs d'une manière souveraine et digne de lui; car, en leur donnant la puissance , il leur commande d'en user comme il fait lui même, pour le bien du monde ; et il leur fait voir, en la retirant, que toute leur majesté est empruntée, et que, pour être assis sur le trône, ils n'en sont pas moins sous sa main et sous son autorité suprême. C'est ainsi qu'il instruit les princes, non-seulement par des discours et par des pa-

i Théâtre. (Michel Lévy édit.)

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