Compar. Horace, Ep. i
Du moment qu'il gagna ce qui cause nos peines.
Le sommeil quitta son logis;
Il eut pour hôtes les soucis,
Les soupçons, les alarmes vaines.
Tout le jour il avait l'œil au guet; et la nuit,
Si quelque chat faisait du bruit, Le chat prenait l'argent. A la fin le pauvre homme S'en courut chez celui qu'il ne réveillait plus : c Rendez-moi, lui dit-il, mes chansons et mon somme,
Et reprenez vos cent écus. »
La Fontaine.
L'Ours et les deux Compagnons.
Deux compagnons pressés d'argent
A leur voisin fourreur vendirent
La peau d'un ours encor vivant, Mais qu'ils tueraient bientôt, du moins à ce qu'ils dirent. C'était le roi des ours : au compte de ces gens, Le marchand à sa peau devait faire fortune; Elle garantirait des froids les plus cuisants; On en pourrait fourrer plutôt deux robes qu'une. Dindenaut prisait moins ses moutons qu'eux leur ours, Leur, à leur compte et non à celui de la bête. S'offrant de la livrer au plus tard dans deux jours, Ils conviennent de prix et se mettent en quête, Trouvent l'ours qui s'avance et vient vers eux au trot ; Voilà mes gens frappés comme d'un coup de foudre. Le marché ne tint pas, il fallut le résoudre : D'intérêts contre l'ours on n'en dit pas un mot. L'un des deux compagnons grimpe au faîte d'un arbre;
L'autre, plus froid que n'est un marbre, Se couche sur le nez, fait le mort, tient son vent,
Ayant quelque part ouï dire Que l'ours s'acharne peu souvent Sur un corps qui ne vit, ne meut ni ne respire. Seigneur ours, comme un sot, donna dans ce panneau : Il voit ce corps gisant, le croit privé de vie;
Et, de peur de supercherie, Le tourne, le retourne, approche son museau,
Flaire aux passages de l'haleine.
« C'est, dit-il, un cadavre; ôtons-nous, car i! sent. »
! DIBACTIQUE ....NUE CRITIQUE 1«
mis s'en va dans la forêt prochaine.
L'un de dos deux marchands de son arbre descend, Court à son compagnon, lui dit qu ille
Qu'il nait eu seulement que la peur pi ur toul mal. i Eh bien! ajouta-t-il, La peau d ■ l'animal?
i-il dit à I il t'approchait de bien près, urnant b\ — Il m'a dit qu'il ne faul jat Vendre la peau de l'ours qu'on ne l'a
La Fon ■
Les deux Pigeons.
Deux pigeons s'aimaient d'amour tendre :
L'un d'eux, s'ennuyant au li
Fut assez fou pour entreprendre
Un voyage en lointain pays.
L'autre lui dit : « Qu'allez-vous faire?
"Vous voulez quitter votre frère?
L'absence est le plus grand des maux : Non pas pour vous, cruel! Au moins que les travaux,
Les dangers, les soins du voya
Changent un peu votre courage l.
r, si la saison s'avançait dav
éphyrs : qui vous presse? un corbeau Tout à l'heure annonçait malheur à quelque oi> i plus que rencontre funeste,
ucons, que réseaux. Hélas! dirai-je, il pleut : re a-t-il tout ce qu'il veut, souper, bon gîte, et le reste? »
Ce discours ébranla le cœur
De notre imprudent voyageur;
le désir de voir et l'humeur inquiète L'emportèrent enfin. Il dit : a Ne pleurez point; Trois jours au plus rendront mon âme satisfaite; Je reviendrai dans peu compter de point en point
Mes aventures à mon frère; Je le désennuierai. Quiconque ne voit guère N'a guère à dire aussi. Mon voyage dépeint