Qui n'oat que l'air ou l'apparence, sans réalité
GENRE DIDACTIQUE — RITIQ1 B
el <l<-s maux les li es,
nant nos destins, trompant notre dé maient des mag isins de peine on de plaisir. Je regardais sortir el rentrer ces merveill Telles \"iii au butin les nombreuses abeilles, El tel, dans un El il de fourmis composé, Le peuple rentre el - i en cent parts dh
La i ontainb.
La Vie humaine.
En promenant vus rêveries Dans le silence des prairies, Voug voj c/. un faible rameau Qui, par les jeux du vague Eole, Enlevé de quelque arbrisseau, (juin . tombe, vole
But la surface d'un ruisseau; Là, par une invincible punie, i d'errer et du chan
11 Hotte au gré de l'onde errante, Et d'un mouvement étranger; Souvent il parait, il surn Souvent il est au fond des < aux; 11 rencontre sur son passage Tous les purs dus pays nouveaux, Tantôt un fertile ru Bordé de coteaux fortunés, Tantôt une rive sauva Et des déserts abandonnés.
Parmi ces erreurs continues Il fuit, il vogue jusqu'au jour Qui l'ensevelit à son tour Au sein de ces mers inconnues Où tout s'abîme san
Gresset.
Triomphe de la nature sur 1 homme.
Nous ne voyons l'ordre que là où nous voyons notre blé. L'habitude où nous sommes de resserrer dans dus di lu canal de nos rivières, de sabler nos grands chemins,
d'aligner les allées de nos jardins, de tracer leurs bassins au cordeau, d'équarrir nos parterres et même nos arbres, nous accoutume à considérer tout ce qui s'écarte de notre équerro comme livré à la confusion. Mais c'est dans les lieux où nous avons mis la main que l'on voit souvent un véritable désordre : nous taisons jaillir des jets d'eau sur des montagnes; nous plantons des peupliers et des tilleuls sur des rochers; nous mettons des vignobles dans des vallées, et des prairies sur des collines.
Pour peu que ces travaux soient négligés, tous ces petits nivellements sont bientôt confondus sous le niveau général des continents, et toutes ces cultures humaines disparaissent sous celles de la nature. Les pièces d'eau se changent en marais, les murs de charmilles se hérissent, tous ies berceaux s'obstruent, toutes les avenues se ferment, les végétaux naturels à chaque sol déclarent la guerr3 aux végétaux étrangers; les chardons étoiles et les vigoureux vorbascums étouffent sous leurs larges feuilles les gazons anglais ; des foules épaisses de graminées et de trèfles se réunissent autour des arbres de Judée; les ronces du chien y grimpent avec leurs crochets, comme si elles y montaient à l'assaut ; des touffes d'orties s'emparent de l'urne des naïades, et des forêts de roseaux, des forges de Vulcain ; des plaques verdàtres de minium rongent les visages des Vénus, sans respecter leur beauté. Les arbres même assiègent le château ; les cerisiers sauvages, les ormes, les érables munter.t sur ses combles, enfoncent leurs longs pivots dans ses frontons élevés, et dominent enfin sur ses coupoles orgueilleuses. Les ruines d'un parc ne sont pas moins dignes des réflexions du sage que celles des empires : elles montrent également combien le pouvoir de l'homme est faible, quand il lutte contre celui de la nature.
Bernardin de Saint-Pierre.
L'homme est fait pour la société
L'homme n'a été découvert nulle partdans l'isolement, même parmi les sauvages les plus grossiers, les plus stupides de l'Amérique et de l'Océanie.Demême que parmi les animaux il y en a qui, gouvernés par l'instinct, vivent en troupes, tels que les herbivores qui paissent en commun, tandis que les carnivores vivent isolés pour chasser sans rivaux, de même
fhomme a toujours été aperçu en société. L'instinct, la pre- -, la plus ancienne des lois, le rapproche de son sem- Dlable, el le consti ue un animal sociable. Que ferait-il, s'il en était autrement, de ce regard intelligent par lequel il interroge ei répond avant de saroirparler? Que ferait-il d< esprit qui oniçuit, qui généralise, qualifie les choses, de cette voix qui désigne les sons, de cette parole enfin, de cet instrument de la pensée, lien et charme de la société? Un être si noblement organisé, ayant le besoin et le moyen de communiquer avec ses semblables, ne pouvait être fait pour l'isolement. Ces tristes habitants de l'Océanie, les plus semblables aux singes que la création nous présente, consacrés B |g pèche, lamoins instructive de toutes les manières d'être pour l'homme, ont été trouvés rapprochés les uns des autres, vivant en commun, et communiquant entre eux par des sons rauques et sauvages.
Toujours encore on a trouvé l'homme ayant sa demeure particulière; dans cette demeure sa femme, ses enfants, formant de premières agglomérations qu'on appelle familles, lesquelles juxtaposées les unes aux autres forment des rassemblements ou peuplades, qui, par un instinct naturel, Be défendent en commun, comme elles vivent en commun. Voyez les cerfs, les daims, les chamois paissant tranquillement dans les belles clairières de nos forêts européennes, ou bien sur les plateaux verdoyants des Alpes et des Pyrénées; qu'un souffle d'air porte à leurs sens si fins un son qui les avertisse, ils donnent de la voix ou du pied un signe d'émotion qui à l'instant se communique à la troupe, et ils fuient en commun, car leur défense est dans la meilleure légèreté de leurs jambes. L'homme né pour créer et braver le canon, l'homme, au lieu de fuir, se jette sur les armes plus ou moins perfectionnées qu'il a imaginées, prend un bois à l'extrémité duquel il place une pierre tranchante, et, armé de cette lance grossière, se serre à son voisin, fait tête à l'ennemi, résiste ou cède tour à tour suivant la direction qu'il reçoit du plus adroit, du plus hardi des membres de la peuplade. Thiers.
Les Arts.
Il est pour tous les arts des moments de prodiges Alors de tous côtés éclatent leurs prestiges. Raphaël va chercher ses pinceaux dans les eieux;
Pergolèse y noter leurs chants mystérieux;
Colomb de l'univers court changer la fortune;
Démosthène indigné rugit à la tribune;
Homère, en les peignant, sait agrandir les dieux;
Newton saisit du ciel l'ensemble harmonieux;
Turenne, Scipion, s'élançant vers la gloire,
Ont la soif, le secret, le don de la victoire.
Oh! combien doit chérir son vallon fortuné,
Le mortel vers les champs, vers les arts entraîné,
Qui voit sous l'œil du ciel avec ordre et mesure,
Ses prodiges sans nombre inonder la nature!
Sous leur immense poids doucement accablé,
Je me sens plus tranquille, agrandi, consolé.
Il semble que le ciel par sa vaste puissance,
Par sa bonté surtout, m'a pris sous sa défense.
Je vois par le bonheur tout ce monde animé,
Et par des cris d'amour son auteur proclamé.
Ce sol, ces airs, ce feu, ces eaux, tout est merveille;
J'interroge un gravier, une plante, une abeille.
A pas lents et pensifs, La Fontaine à la main,
Parmi les fleurs, les fruits, je poursuis mon chemin.
J'entends dans la nature et dans ses harmonies
Du céleste ouvrier les grandeurs infinies.
Heureux qui, pénétré, ravi de ses bienfaits, Sur un autel champêtre offre à ce dieu de paix Le tribut des vergers, des guirlandes fleuries, Et l'hymne des oiseaux, et l'encens des prairies! Un esprit vaste et fait pour l'immortalité, Partout dans l'univers voit la Divinité : L'humble vertu le charme, il prend en main sa lyre, Et plein de l'Eternel, il la chante et l'inspire.
Ducis.
Bienfaits de la poésie.
Avant que la raison, s'expliquant par la voix, Eût instruit ies humains, eût enseigné des lois, Tous les hommes suivant la grossière nature, Dispersés dans ies bois couraient à la pâture : La iorce tenait lieu de droit et d'équité; Le meurtre s'exerçait avec impunité.
Mais, du discours enfin l'harmonieuse adresse
':K DIDACTIQUE — HKSltK CRITIQ1 i.
De ces sauvages mœurs adoucit la rudesse,
embla Les humains dans les forêl - é] Enferma l< de n mp
I).' 1 aspect du supplice effraya l'insolence, El .sous l'appui des lois mit. la faible innocence.
Cet ordre fut, dit-on, le fruit des premiers vers. «rails, reçus dans L'univers, Qu'aux accent s dont Orphée emplit les monts de Thraee,
• amolli s dépouillai audace;
Qu'aux accords d'Ampbion les pierres se mouvaient, Et sur les murs tbébains en ordre s'élevaient. L'harmonie en uaissant produisit ces mirac
Depuis, Le oie! en vers lit parler i! s oracles : Du Bein d'un prêtre ému d'une divine horreur, Ap"ii<>u par des vers exhala sa fui Bientôt, ressuscitant les héros des vieux ■> Homère aux grands exploits anima I. es;
:ode à son tour, par d'utiles leçons, Des champs trop paresseux vint bâter Les moissons j la mille écrits fameux la sagesse tracée fut, a l'aide des vers, aux. mortels annoncée; Et partout des esprits ses préceptes vainqueurs, Introduits par l'oreille, entrèrent dans les cœurs. Pour tant d'heureux, bienfaits les muses révérées Furent d'un juste encens dans la (héce huiiur.
UT art, attirant le culte des mortels, A. sa gloire en cent lieux vit dresser «les autels.