‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 79 sur 115 · AvrictUeu Otini Mida rex haUt. (Ptn>* Sat i.j · texte numérisé non relu

AvrictUeu Otini Mida rex haUt. (Ptn>* Sat i.j

pas la nature, toujours prodigue des mêmes dons, mais l'opinion dominante à l'époque ou l'on vit. Si la tendance de cette opinion est vers l'enthousiasme, il s'élève de toutes parts des grands hommes ; si l'on proclame le découragement, il ne reste plus rien en littérature que des juges du temps passé.

L'on voit des jeunes gens, ambitieux de paraître détrompés de tout enthousiasme, affecter un mépris réfléchi pour les sentiments exaltés. Ils croient montrer ainsi une force de raison précoce ; mais c'est une décadence prématurée dont, ils se vantent. Ils sont pour le talent comme ce vieillard qui demandait si Ton avait encore de l'amour.

<t Quand le cœur est entier dans ce qu il voit, on jouit admirablement de l'existence. Dès que l'homme se divise au dedans de lui-même, il ne sait plus la vie que comme un mal; et si de tous les sentiments l'enthousiasme est celui qui rend le plus heureux, c'est qu'il unit plus qu'aucun autre toutes les forces de l'àme dans le même foyer. ï Mrae de Staël.

De la Conversation.

Ce qui fait que peu de personnes sont agréables dans la conversation, c'est que chacun songe plus à ce qu'il a dessein de dire qu'à ce que les autres disent, et que l'on n'écoute guère, quand on a bien envie de parler.

Néanmoins il est nécessaire d'écouter ceux qui parlent. Il faut leur donner le temps de se faire entendre et souffrir même qu'ils disent des choses mutiles. Bien loin de les contredire et de les interrompre, on doit au contraire entrer dans leur esprit et dans leur goût, montrer qu'on les entend, louer ce qu'ils disent autant qu'il mérite d'être loué, et faire voir que c'est plutôt par choix qu'on les loue que par complaisance.

Pour plaire aux autres, il faut parler de ce qu'ils aiment, et de ce qui les touche, éviter les disputes sur des choses indifférentes, leur faire rarement des questions, et ne leur laisser jamais croire qu on prétend avoir plus de raison qu'eux.

On doit dire les choses d'un air plus ou moins sérieux et sur des sujets plus ou moins relevés, selon l'humeur et la capacité des hommes que l'on entretient, et leur céder aisément l'avantage de décider, sans les obliger de répondre quand ils n'ont pas envie de parler.

Après avoir satisfait de cette sorte aux devoirs de la poli-

,t qu'on cher-

h ni d'opiniàti ; de parl< de nous

mple : rien n esi pli qu'un homme qui ><• cite lui-môme à loul

< mi De peul au îsi a] n à connaître

nte el la ; ceux à < ini l'oi nuire

-prit de celui qui en a le plus, sans blesser L'inclin ou l intérêt de faire valoir toutes les : a'il a < i i t o s , ajoutant m

it nos propres i mx siennes, el lui faisant

e, autant qu'il est possible, que c'est de lui qu'on Les prend.

il ne faut jamais rien dire avec un air d'autorité, ni montrer aucune supériorité d'esprit. Fuyons les expressions trop rech' 's termes durs <'ii forcés, et ne nous ser

point s que les choses.

11 n'est pas défendu de conserver ses opinions, si elles sont raisonnai - il faut se rendre à la raison aus:-it<">t

Qu'elle i»arait . de quelque part qu'elle vienne : elle seule doit r sur nos sentiments; mais suivons-la sans heurter les sentiments des autres et sans faire paraître du mépris de ce qu'ils ont dit.

Il est dangereux de vouloir être toujours le maître de la conversation et de pousser trop loin une bonne raison quand on l'a trouvée. L'honnêteté veut que l'on cache quelqn i >itié de son < sprit, et qu'on ménage un opiniâtre qui se ad mal. pour lui épargner la honte de céd ■ déplaît sùivn ' un parle trop longtemps et trop

souvent d'une mena . et que l'on obercne à détourner

iversation sur des sujets dont on se croit plus instruit que les autres. Il faut entrer indifféremment dans tout ce qui leur est agréable, s'y arrêter autant qu'ils le veulent, et s'éloigner de tout ce qui ne leur convient pa

Toute sorte de conversation, quelque spirituelle qu'elle soit, n'est pas également propre à toutes sortes de gens d'esprit. Il faut choisir ce qui est de leur goût et ce qui est convenable à leur condition, à leur sexe, à leurs talents : il faut choisir même le temps de le dir ,

Observons le lieu, l'occasion, l'humeur où se trouvent les personnes qui nous écoutent; car, s'il y a beaucoup d'art à savoir parler à propos, il n'y en a pas moins à savoir se

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taire. Il y a un silence éloquent qui sert à approuver et à condamner ; il y a un silence de discrétion et de respect. Il y a enfin des tons, des airs et des manières qui font tout ce qu il y a d'agréable ou de désagréable, de délicat ou de choquant dans la conversation.

Mais le secret de s'en bien servir est donné à peu de personnes. Ceux mêmes qui en font des règles s'y méprennent souvent, et la plus sûre qu'on en puisse donner, c'est: écouter beaucoup, parler peu, et ne rien dire dont on puisse avoir sujet de se repentir. La Rochefoucauld.

La Conversation.

Voulez-vous la définition ou plutôt l'expression même delà vraie conversation : point de méthode, point de sujet traité ex professo : disserter n'est point causer; point de controverse et d'argumentation : discuter n'est point causer; surtout point de monologues : qui ne sait pas écouter ne sait pas causer. Les bavards sont l'opposé des causeurs. Le causeur est l'homme qui sait lancer le volant et qui sait le recevoir, qui jette et ramasse la balle à propos, qui ne la garde pas longtemps. A qui l'envoie-t-il? Ce n'est pas à un partner habituel, la conversation alors ne serait qu'un dialogue appris d'avance. Il envoie la balle à tout le monde; la ramasse qui veut ou qui peut. Je ne conseille pas, en effet, à tout le monde de se mêler à tort et à travers à la conversation. Il faut de l'à-propos, de l'adresse, un peu de courage, de la promptitude. Jean Jacques Rousseau disait qu'il trouvait toujours sur l'escalier le mot qu'il aurait dû dire dans le salon. L'esprit après coup n'est pas de Pêspfft. Évitez surtout les diseurs de rien, les hérauts de la banalité. Qui de nous n'a vu l'embarras et l'inquiétude d'une maîtresse de maison ayant un salon, quand elle voit un de ces diseurs de rien prêt à prendre la parole? Gomme elle l'interrompt à propos ! Gomme elle coupe brusquement par le milieu l'histoire dont elle voit avec effroi la queue s'allonger démesurément! Saint-Marc Girardin.

Origine de la mythologie.

Qu'on étudie le monde tant qu'on voudra; qu'on descende uu dernier détail; qu'on fesse l'anatomie du plus vil animal;

— .i.r: iKITIQUE W1

in de blé semé du.

: lie; qu'on ob-

bou-

rme La nuit : on y

, que

art.

s niu animé tout l'unililea au vent, et d inl les Qeuves qui I s » 1 1 1 i montent vers le ciel,

i -seur de leurs

vul-

: tant il est naturel aux hommes de .sentir l'art dont

• la nature est pleine. La poésie nu lait qu'attribuer aux

ur, qui fait tout en allés. Du h poètes, c ntpassédans

i ns , dont les théologiens furent les

i un art, une puissance, une

- plus ce. Chez eux les fleuves ont ( lieux,

s bois et les mont; surs divinités particulières : les fleurs ont eu Flore, et me. NELOSf.

Poésie de la Mythologie.

antiquité, beauté toujours nouvelle; Monuments du génie, heureuses (lotions,

Environnez-moi de

De votre lumière immortelle :

/. animer l'air, la terre et les m

VOUS embellisse/, l'unn Cet arbre à tête longue, aux rameaux toujours verts,

C'est Alys, aimé d

De l'éclat de leur vermillon Flore avec le Zéphyr ont peint c is roses.

Des baisers de Pomone on voit d Uofl

ers nouvellement éeloses.

Ces ii s, ces hois qui bordent l'horizon

Sont couverts de métamorphos •rf aux pieds 1 le jeune Actéon :

L'ennemi des troupeaux est le roi L\.

Du chantre de la nuit j'entends la voix touchante;

C'est la fille de Pandion,

G est Philomèle gémissante.

Si le soleil se couche, il dort avec Thétis. Si je vois de Vénus la planète brillante. C'est Vénus que je vois dans les bras d'Adonis. Ce pôle me présente Andromède et Persée; Leurs amours immortels échauffent de leurs feux Les éternels frimas de la zone glacée; Tout l'Olympe est peuplé de héros amoureux. Admirables tableaux! séduisante magie!

Qu'Hésiode me plaît dans sa Théogonie, Quand il me peint l'Amour débrouillant le Chaos, S'élançant dans les airs et planant sur les flots!

Voltaire.

La Fiction poétique.

Même aux eaux, même aux fleurs, même aux arbres muets, La poésie encore, avec art mensongère, Ne peut-elle prêter une âme imaginaire?

Tout semble concourir à cette illusion : Voyez l'eau caressante embrasser le gazon, Ces arbres s'enlacer, ces vignes tortueuses Embrasser les ormeaux de leurs mains amoureuses; Et refusant les sucs d'un terrain ennemi, Ces racines courir vers un sol plus ami. Ce mouvement des eaux, et cet instinct des planles, Suffit pour enhardir vos fictions brillantes. Donnez-leur donc l'essor. Que le jeune bouton Espère le Zéphyr, et craigne l'Aquilon.

A ce lis altéré versez l'eau qu'il implore, Formez, dans ses beaux ans, l'arbre docile encore; Que ce tronc, enrichi de rameaux adoptés, Admire son ombrage et ses fruits empruntés; Et, si le jeune cep prodigue son feuillage, Demandez grâce au fer en faveur de son âge. Alors, dans ces objets croyant voir mes égaux, La douce sympathie à leurs biens, à leurs maux Trouve mon cœur sensible, et votre heureuse adresse Me surprend pour un arbre un moment de tendresse.

Delille.

:i: DIDACTIQUE — GBNBB CBITIQl I 229

Moralité des Fables.

Je ne serais né de réserver les Fables de La Fon-

taine pour l'homme fait, non comme étant d'une mam de, mais comme ayanl un mérite el cm charme que ite mieux que L'enfance. Je veux cep i observations sur la censure que Rousseau fait de la morale des râbles. Oui, la morale a dans Le m< nde, ii< • 1 1 pas deux principi deux procédés différi nts.

Tantôt elle procède par Le précepte ou, comme «lit, R par Le catéchisme; tantôt elle procède par L'expérience. Ces deux méthodes sont-elles contraires L'une à L'autre? La mode L'expérience contredit-elle La morale du catéchisme? Pas le moins du monde. La morale du catéchisme «lit de ne avoir d'orgueil; la morale de L'expérience «lit que les leilleux sont ordinairement dupes et que tout Batteur

vit .m\ dépens d Lai qui l'écoute.

Où est la contradiction? — Biais prenez garde, ditRous:-eau, en lisant votre fable je suis tenté d'apprendre à être renard? — Qu'est-ce à dire? n'y a-t-il donc pas de milieu entre l'astuce du renard et la sottise du corbeau, entre le fripo.i et la dupe? N'hésitons pas d'ailleurs à le dire : presque tous les genres de littérature ont sur ce point le même danger que 1rs Fables de La Fontaine. Saint-MaRG Girardin '.

Les Anciens.

Faute d'assez priser les Grecs et les Romains,

On s'égar voulant tenir d'autres chemins.

Quelques imitateurs, sol bétail, je l'avoue,

Suivent en vrais moutons le pasteur de Mantoue;

J'en use d'autre sorte; et, me laissant guider,

Bouvenl à marcher seul j'use me hasarder.

On me verra toujours pratiquer cet us

Mon imitation n'est point un esclavage;

le ne prends que l'idée, et les tours el les lois

Que nos maîtres suivaient eux-mêmes autrefois.

Si d'ailleurs quelque endroit plein chez eux d'excellence

Peut entier dans mes vers sans nulle violence,

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