‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 80 sur 115 · La FoNTAl.NK ST LES FABULISTE. (MÙllftl I-fVy rdlt · texte numérisé non relu

La FoNTAl.NK ST LES FABULISTE. (MÙllftl I-fVy rdlt

Je l'y transporte, et veux qu'il n'ait rien d'affecté, Tâchant de rendre mien cet air d'antiquité. Je vois avec douleur ces routes méprisées : Art et guides, tout est dans les champs Elysées. J'ai beau les évoquer, j'ai beau vanter leurs traits; On me laisse tout seul admirer leurs attraits. Térence est dans mes mains; je m'instruis dans Horace; Homère et son rival sont mes dieux du Parnasse. Je le dis aux rochers; on veut d'autres discours : Ne pas louer son siècle est parler à des sourds. Je le loue, et je sais qu'il n'est pas sans mérite; Mais, près de ces grands noms, notre gloire est petite.

La Fontaine.

Lecture des livres anciens.

Les Vies de Plutarque sont une lecture touchante; j'en étais fou dans mon enfance; le génie et la vertu ne sont nulle part mieux peints; on y peut prendre une teinture de l'histoire de la Grèce et même de celle de Rome. On ne mesure bien, d'ailleurs, la force et l'étendue de l'esprit et du cœur humains que dans ces siècles fortunés; la liberté découvre, jusque dans l'excès du crime, la vraie grandeur de notre âme; là brille en pleine lumière la force de la nature; là paraît la vertu sans bornes, le plaisir sans infamie, l'esprit sans affectation, la hauteur sans vanité, le vice sans bassesse et sans déguisement. Pour moi, jepleurais de joie, lorsque je lisais ces pages; je ne passais point de nuit sans parler à Alcibiade, Agésilas et autres; j'allais dans la place de Rome, pour haranguer avec les Gracques, et pour défendre Caton, quand on lui jetait des pierres. Vous souvenez-vous que César prétendant faire passer une loi trop avantageuse au peuple, le même Caton voulut l'empêcher de la proposer, et lui mit la main sur la bouche, pour étouffer sa parole? Ces manières d'agir, si contraires à nos mœurs, faisaient grande impression sur moi. Il me tomba, en même temps, un Sénèque dans les mains, je ne sais par quel hasard ; puis, des lettres de Brutus à Cicéron, dans le temps qu'il était en Grèce, après la mort de César : elles sont si remplies de hauteur, d'élévation, de passion et de courage, qu'il m'était bien impossible de les lire de sang-froid; je mêlais ces trois lectures, et j'en étais si ému, que je ne con-

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qu'elles mettaienl en moi; t'étouffais, |e quitmes livres, ri i homme en fureur, pour

plusieurs fois 1" tour 'l'une assez longue ter ini de to i • que la lassitude mit

(in à la convulsion.

dr -i»' phjjosophie qu'on dit que i je devins stoïcien de la meilleure

foi du i n « m i . ï - • [cien à lier; j'aurais voulu qu'il m'ar-

rivâl quejque infortune remarquable, pour déchirer m< trailles, commi tton qui fm si fldê

Je fus deux ans comme c la, ej. puis je dis h mon tpur, comme Brutus : Over^u, lu'un fantôme! Cependant cel aii

5tolcien,que sa constante vertu, - . son humanité

inflexible courage me rendaient infiniment cher, m*a fait verser des larmes sur la faiblesse de sa mort ; c'est une extrême pilié de voir tant de vertu, tant de force et de grandeur d'âme vaincues, en, un moment, par le plus léger revers, au milieu de tant de n et de tant de laveurs de la for-

tune: Mais n'est-ce pas une folie que de vous conter tout cela, et de prendre ce ton lugubre? Vous allez croire sûrement que je veux que voire frère devienne un jstoîci< qu'il se tue comme Caton, ou qu'il lise notre Sénèque! Ah! n'appréhendez pas cela; jt> ris actuellement de mes vieilles folies, et môme des folies présentes. Vauvenargues.

Do l'Architecture grecque.

L'architecture n'est pas moins remarquable chez les s. Entre le P: et les Propylées on reconnaît

une parenté manifeste : même caractère, mêmes lignes même élégance gracieuse et noble. En ce pays où le peuple ait, point de palais, fastueux, mais des édifices destinés à tons, des théâtres, des portiques, et partout le sentiment «le l'homme dans sa beauté et sa liberté. Sa maison est le le en petit; le temple est sa maison agrandie, ornée proportionnée à sa nature idéale. L'art s'épanouit avec vo- '•. comme la fleur sous un ciel serein. Il recherche la lumière, les souffles caressants, les suaves harmonies les riantes perspectives. Descendu de l'Olympe, il y remonte par les douces pentes du mont parfumé. Lamenww

Le Laocoon.

Saisi par d'énormes serpents qui l'enchaînent, qui Topent, qui sont prêts à l'étouffer; plein dune vi; que la force des serpents surmonte et qui doit bientoi faillir, Laocoon, dans cette lutte mortelle, fait voir, par des mouvements énergiques, mais décents et retenus, la grandeur de son âme et son respect pour les dieux. Les nœuds que forment les serpents autour de ses fils, les soulèvent et les attachent contre lui : il ressent leurs souffrances. Ses yeux cherchent le ciel; sa douleur est profonde; elle est noble. Il se plaint; il ne crie pas. Dans le soulèvement et la contraction de tous ses muscles, la vérité, la beauté des formes n'ont été altérées en rien. La vie et la douleur circulent dans tous ses membres, et tous présentent l'image d beauté. Les sentiments différents qui agitent les enfants et le père produisent des mouvements variés, qui développent partout des beautés nouvelles. L'artiste est arrivé par conséquent au sommet de l'art, puisqu'il a excité la pitié, l'amour et l'admiration par la représentation fidèle de la vie, de la beauté, de la douleur et de la vertu. Émeric David.

Horace et Virgile.

Virgile. Que nous sommes tranquilles et heureux sur ces gazons toujours fleuris, au bord de cette onde si pure, auprès de ce bois odoriférant !

Horace. Si vous n'y prenez garde, vous allez faire une egiogue. Les ombres n'en doivent point faire. Voyez Homère] Hésiode, Théocrite : couronnés de lauriers, ils entendent chanier leurs vers, mais ils n'en font plus.

Virgile. J'apprends avec joie que les vôtres sont encore après lant de siècles les délices des gens de lettres. ne vous trompiez pas quand vous disiez dans vos Odes, d'un ton si assuré : Je ne mourrai pas tout entier '.

Hor.vce. Mes ouvrages ont résisté au temps, il est vr i; mais il faut vous aimer autant que je le fais pour n'être point jaloux de votre gloire. On vous place d'abord après Homère.

I, Non omnis moriar, midtaque pars rnei

Yitabit LibUinam. (Horace, Odes, III, 30.)

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