‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 90 sur 115 · partie du cœur emj · texte numérisé non relu

partie du cœur emj

On cric on pleure; m. d'Hamilton fait cesser le bruit et ôter le petit d'Elbeuf, qui s'était jeté sur ce corps, qui ne le voulait pas quitter, et qui se pâmait de crier. On jelte un manteau; on le porte dans une haie; on le garde à petit bruit; un carrosse vient, on 1 emporte dans sa tente : ce fut I M. de Lorges, M. de Haye, et beaucoup d'autres pensèrent mourir de douleur, mais il fallut se faire violen . et b aux grandes atlaires qu'il avait sur les bras. On lui a fait on service militaire dans li ù les larmes et les cris fai-

saient le véritable deuil : tous les officiers pourtant avaient des écharpes de crêpe; tous les tambours en étaient couverts, qui ne frappaient qu'un coup; les piques tramantes et les mousquets renversés : niais ces cris de toute une armée ne se peuvent pas représenter, sans que l'on en soit ému. Ses deux véritables neveux étaient à cette pompe, dans l'état que vous pouvez penser. H. de Roye tout blessé s'y fit ir; car cette messe ne fut dite que quand ils eurent repassé le Rhin. Je pense que le pauvre chevalier était bien abîmé de douleur.

Quand i corps a quitté son armée, c'a été encore une autre désolation; partout où il a passé c'a été les clameurs; niais à Lan res ils E sont surpassés : ils allèrent tous audevant de lui tous babil I uil, au nombre de plus de

deux cents, suivis du peuple; tout 1

ils firent dire un service solennel dans la ville, et en un moment se cotiseront tous pour celte dépense, qui mon cinq mille francs, parce qu'ils reconduisirent le eorps jusqu'à la première ville, et voulurent défrayer tout le train. Que dites-vous de ces marques naturelles d'une affe h 'iidée sur un mérite extraordinaire? Il arrive à Saint-1 ce soir ou demain; tou- - l'adaiem

lieues d'ici; il sera dans une chapelle en dépôt en attendant

qu'on prépare la chapelle. Il y aura un service, en attendant celui de Notre-Dame, qui sera solennel. M'«e de Sévigné.

Regrets maternels.

Voici un terrible jour, ma chère fille; je vous avoue que je n'en puis plus. Je vous ai quittée dans un état qui augmente ma douleur. Je songe à tous les pas que vous faites et à tous ceux que je fais, et combien il s'en faut qu'en marchant toujours de cette sorte, nous puissions jamais nous rencontrer. Mon cœur est en repos quand il est auprès de vous : c'est son état naturel, et le seul qui peut lui plaire.

Ce qui s'est passé ce matin me donne une douleur sensible, et me fait un déchirement dont votre philosophie sait les raisons : je les ai senties et les sentirai longtemps. J'ai le cœur et l'imagination tout remplis de vous; je n'y puis penser sans pleurer, et j'y pense toujours : de sorte que l'état où je suis n'est pas une chose soutenable; comme il est extrême, j'espère qu'il ne durera pas dans cette violence. Je vous cherche toujours, et je trouve que tout me manque, parce que vous me manquez. Mes yeux qui vous ont tant rencontrée depuis quatorze mois ne vous trouvent plus. Le temps agréable qui est passé rend celui-ci douloureux, jusqu'à ce que j'y sois un peu accoutumée; mais ce ne sera jamais assez pour ne pas souhaiter ardemment de vous revoir et de vous embrasser.

Je ne dois pas espérer mieux de l'avenir que du passé. Je sais ce que votre absence m'a fait souffrir; je serai encore plus à plaindre, parce que je me suis fait imprudemment une habitude nécessaire de vous voir. Il me semble que je ne vous ai point assez embrassée en partant : qu'avais-je à ménager? Je ne vous ai point assez dit combien je suis contente de votre tendresse; "et je ne vous ai point assez recommandée à M. de Grignan; je ne l'ai point assez remercié de ses politesses et de toute l'amitié qu'il a pour moi.

Je suis déjà dévorée de curiosité; je n'espère de consolation que de vos lettres, qui me feront encore bien soupirer. En un mot, ma fille, je no vis que pour vous. Dieu me fa la grâce de l'aimer quelque jour comme je vous aime. Jamais un voyage n'a été si triste que le nôtre; nous ne disions pas

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un mot. Adieu, ma chère enfant, aimez-moi toujour avoir qui I

Une Nouvelle extraordinaire.

Je m'en vais voua mander la chose la plus étonnant |. . i plus merveilleuse, la plus mir

la plus triomphante, I plu - i ourdissante, la plus inouïe, la plu singulière, la plus extraordinaire, la plus incroyable; la

imprévue, 1 1 plus fraude, la plus petite, la plu plus commune, la plus éclatante, la plus secrète jusqu'aujourd'hui, la plus brillante, la plus dign< d'< avi ■ : enfin une dont on ne trouve qu'un exemple dans les siècles i es, encore» -il pas juste; une chose

l'on ne peut pas croire Pa is (comment la pourrait-on croire il Lyon?); une chose qui l'ait crier miséricorde à loutle me une chi se qui comble de joie M"1" de Km!, an el M"" d'H

:in qui s • fera dimanche, où c sux qui la nt croironl a >ir la berlue; une chose qui se fera dimanche, et qui h ■ sera peut-être pas faite lundi. Je ne puis dreà la dire; devinez-la : je vous le donne en trois. \uus votre langue aux chiens?

Eh bienl il fout donc vous la dire : M. de Lauzun épouse dimanche au Louvre, devinez qui? Je vous le donne en qn is le donne en dix, je vous le donne en cent. M boulanges dit : Voilà qui est bien difficile à deviner;

. — Point du tout, madame. — C est dune Letz? — Point du tout, vous êtes bien provint — Vraiment nous sommes bien bêtes, dit |fii« Colbert. — Encore moins. — C'est assurément M"8 de ni. — Vous n'y êtes pas. Il faut donc à la fin vous le dire : il épouse, dimanche, au Louvre, avec la permission du roi, Mademoiselle, Mademoiselle de... Mademoiselle... devinez le nom : il épouse Mademoiselle, nia foi! par ma foi! ma foi juré oiselle, la grai selle,

fille de t u Monsieur; Mad imoiselle, petite-fille de Henri IV; ■moiselle d'Eu, mademoiselle de Dombes. mad .

sine germaine du ri lest

moiselle, le seul parti de France qui lût digne de Mon-

Voilà un beau sujet de discourir. Si vous criez, si vous êtes hors de vous-même, si vous dites que nous avons menti, que cela est faux, qu'on se moque de vous, que voilà une belle raillerie, que cela est bien fade h imaginer; si enfin vous nous dites des injures, nous trouverons que vous avez raison; nous en avons fait autant que vous.

Adieu; les lettres qui seront portées par cet ordinaire vous liront voir si nous disons vrai ou non. Mme de Sévigné.

Bonheur de la Piété.

11 ne vous est pas mauvais de vous trouver dans des troubles d'esprit : vous en serez plus humble, et vous sentirez par votre expérience que nous ne trouvons nulle ressource en nous, quelque esprit que nous ayons. Vous ne serez jamais contente, ma chère fille, que lorsque vous aimerez Dieu de tout votre cœur : ce que je ne dis pas par rapport à la profession où vous vous êtes engagée. Salomon vous a dit, il y a longtemps, qu'après avoir cherché, trouvé et goûté de tous les plaisirs, il confessait que tout n'est que vanité et affliction d'esprit, hors aimer Dieu et le servir. Que ne puisje vous donner toute mon expérience! Que ne puis-je vous faire voir l'ennui qui dévore les grands, et la peine qu'ils ont à remplir leurs journées! Ne voyez-vous pas que je meurs de tristesse dans une fortune qu'on aurait eu peine à imaginer, et qu'il n'y a que le secours de Dieu qui m'empêche d'y succomber? J'ai été jeune et j'ai goûté des plaisirs; dans un âge un peu avancé, j'ai passé des années dans le commerce de l'esprit, je suis venue à la faveur; et je vous proteste, ma chère fille, que tous les états laissent un vide affreux, une inquiétude, une lassitude, une envie de connaître autre chose, parce qu'en tout cela rien ne satisfait entièrement. On n'est en repos que lorsqu'on s'est donné à Dieu, mais avec cette volonté déterminée dont je vous parle quelquefois. Alors on sent qu'il n'y a plus rien à chercher, qu'on est arrivé à ce qui seul est bon sur la terre; on a des chagrins, mais on a aussi une solide consolation, et la paix au fond du cœur au milieu des plus grandes peines.

Mme de Maintenon.

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Recommandation.

eur, monsieur; voue ;ail-

que c'est qu'on vieux et anci< n d'un père et il une n • ement aimés. Vol

que Je vous présente, ir; il

ique, mais excellent : i tra-

de Grignan <'t de la G un ouvrier qui airable, el de pair avec les plus

il travail! uns qu'il pos-

3urplus, bon <-t honnête homme, rable pèrea un fils qui le soulageait dans sa vi< 11- ■ donner un soufflet à - ut, le

>ur la vie. Il est venu à moi tout en lai j<' lui : i du toute l'impossibilité de revoir ce fils-, il le il m'a 'ie je vous envoie de l'ab

le vous conjure, monsieur, i itablement el i consolera': dites-lui que vous lui votre

■i.-tion : et puis, dans la suite, nous verrons s'il y aurait n de le servir réellement. Il sera content de isible plaisir.

Quand o vieux bonhomme que j'ai vu truite ma

en larmes devant >ue que, s'il me demain lait i b le lui donnerais : et je vous a le je

t de ce fils galérien; p patience. M»"- de

A Frédéric II, rot de Prnsse.

■ petit moine de Saint-Just disait à Charles-Quint :

d'avoir ti ivre moine dans s Iule ' " » Je suis le moine, mais vous n'avez pas encore r nonce aux s et aux misères humaines comme Ch

Quint. Quelle cruauté avez-vi us de me dire que je calomnie ertuis, quand je vous dis que le bruit a couru qu'après lit trouvé les Œuvres du philosophe de Sans-Souci

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