‹ Morceaux choisis des grands écrivains français du XIVe siècleChapitre 100 sur 231 · A SA MUSE · texte numérisé non relu

A SA MUSE

Plus dur que fer j'ai fini mon ouvrage.

Que l'an, dispos à démener les pas, Que l'eau, le vent ou le brûlant orage L'injuriant, ne ru'ront point à bas.

Quand ce viendra que le dernier trespas M'assoupira d'un somme dur, à l'heure Sous le tombeau tout Ronsard n'ira pas, Restant de luy la part qui est meilleure.

Tousjours, tousjours, sans que jamais je meure, Je voleray tout vif par l'univers, Eternisant les champs où je demeure.

De mes lauriers fatalement couvers, Pour avoir joint les deux harpeurs aivers .

Au doux babil de ma lyre d'yvoire.

Que j'ay rendus Vendomois par mes vers.

Sus donque, Muse, emporte au ciel la gloire Que j'ay gaignée, annonçant la victoire Dont à bon droit je me voy jouissant.

Et de son fils consacre la mémoire.

Serrant son front d'un laurier verdissant

CONTRE LES BUCHERONS

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