‹ Morceaux choisis des grands écrivains français du XIVe siècleChapitre 112 sur 231 · AMOUR PIQUÉ D'UNE MOUCHE A MIEL · texte numérisé non relu

AMOUR PIQUÉ D'UNE MOUCHE A MIEL

Amour ne voyoit pas, enclose Entre les replis de la rose.

Une mouche à miel qui soudain En l'un de ses doigs le vint poindre ; Le mignon commence à se plaindre, Voyant enfler sa blanche main.

Aussitost à Vénus la belle, Fuyant, il vole à tire d'œlle :

« Mère, dist-il, c'est fait de moy.

C'en est fait, et faut qu'à ceste heure.

Navré jusques au cœur, je meure.

Si secouru ne suis de toy.

« Navré je suis, en ceste sorte.

D'un petit serpenteau qui porte Deux ailerons dessus le dos, Aux champs une abeille on l'appelle !

Voyez doncmaplaye cruelle.

Las! il m'a piqué jusqu'à l'os.

— Mignon (dist Venus) , si la pointe D'une mouche à miel cette atteinte Droit au cœur (comme tu dis) fait, Combien sont navrez davantage Ceux qui sont espoints de ta rage.

Et qui sont blessez de ton trait? •

ANTOINE DE BAÏP

(Vofez Kotiee, page 258)

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