‹ Morceaux choisis des grands écrivains français du XIVe siècleChapitre 117 sur 231 · SUR LA MORT DE BRISSAC · texte numérisé non relu

SUR LA MORT DE BRISSAC

Brissac, le vaillant fils d'un sage et vaillant père, Pouvoit bien, casanant, du labeur paternel Cueillir Taise et le fruit; mais n'aimant rien de tel, Répudia du repos la mollesse et misère.

En tenant de vertu le sentier non vulgaire.

Brave, se couronna d'un laurier éternel, Qui se vend pour la mort, quand, jeune colonel, Ouvroit aux vieux soldats le chemin de bien faire;

Quand devant Husidan, Musidan l'exécré.

Après mille hasards encourus à son gré.

Gagna si beau loyer, et perdit sa jeunesse.

Pleurons notre dommage, et louons son bonheur; Car jeune, en bien mourant, seul il a plus d'honneur Que mille bien vaillants qui sont morts en vieillesse

THÉODORE DE BÊZE

CVoyei Notice, page 25t)

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