ARTICLE
S 14. Le seizième siècle n'avait conservé de l'ancienne déclinaison française de l'article (outre les formes venues jusqu'à nous) que es pour dans les, et ce pluriel (qui résulte de la contraction de en leSy comme des provient de de les) y était encore fort employé :
Es montagnes on a la veuô longue.
Sbbres, 224
Le temps n'estoyt tant idoine ne commodes es lettres.
Rab. 122.
La dignité ha esté rendue es lettres.
Rab. 122.
Et jurant en leurs proses es mots et sentences de Ciceron.
Bbllàt, 182.
Des zéphyrs Qui sous le vent de leur »le Dressent encor, is forests.
Des doux rets.
BbllbaU) 59.
§ 15. Au lieu de mettre comme aujourd'hui de devant
un substantif pris dans un sens partitif, le seizième siècle
mettait des^ disant : ils ont fait œuvre des bons citoyens ^
ils ont vu des beaux jardins, etc....
De malheur aussi quittasmes-nous nos vieux mots de fortification pour emprunter des nouveaux ItaUens.
Pasquier, 187.
§ 16. La suppression de l'article est un fait grammatical trop connu pour qu'il soit nécessaire d'y insister :
Haillavt semhloit l'homme que mort va prendre.
Marot, 8.
ÉCRIVAINS WJ XVI* SitCLE. ^
îVlit ÎNtRObUCTION,
§ 17. Quand deux substantifs appartiennent au même verbe, soit comme sujets, soit comme compléments, l'article ne se répète pas devant le second, alors même qu'ils diffèrent de genre et de nombre :
Le père et mère de Platon.
Montaigne.
Répudia du repos la moUesse et misère.
BàXv, 66.
Elle est indigne de la grâce et favmir des Muses.
Mont. 210.
la famtUe et suite de l'amiral aucunement annez.
BÈZBy 137.
Ceux qui faisoyent Veffort et violence.
BÈZB, 137.