‹ Morceaux choisis des grands écrivains français du XIVe siècleChapitre 122 sur 231 · CÉSAR VICTORIEUX · texte numérisé non relu

CÉSAR VICTORIEUX

xirands dieux qui, sisuis mourir, livrez tout au trépas,

Qui, sans jamais changer, changez tout ici-bas.

Vous avez élevé jusques au ciel qui tonne

La romaine grandeur, par Teffort de Bellonne,

Maistrisant les humains d*une horrible fierté,

Captivant l'univers, veuf de sa liberté !

Tou efois aujourd'hui cette orgueilleuse Rome,

Sans bien, sans liberté, ploye au vouloir d'un homme;

Son empire est à moi, sa vie est en mes mains ;

Je commande, monarque, au monde et aux Romains,

Je fais tout, je peux tout, je lance ma parole.

Gomme un foudre bruyant, de l'un à l'autre pôle,

Soit où Phébus attelle au matin ses chevaux,

Où la nuit les reçoit, recrus de leurs travaux,

Où les flammes du ciel bruslent les Garamantes*.

Où souffle l'aquilon^ses froidures poignantes;

Tout reconnoist César, tout frémit à sa voix.

Et son nom seulement épouvante les rois.

{Tragédie de Marc-Antoine.)

XIÎ

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