GRAMMAIRE DE LA LANGUE DU XVI* SIÈCLE. XIX
U leur a monstre par espreuve une grond* prévoyance pour les garder^ grande hardiesse pour les défendre.
BoÉT. 189.
Les fleuves sont seichez, la grand mer se desrobe.
ÂUB. 91
Pendant que la bataille estoit en telz termes, on dit qu'il s'apparut en Tair une grande flamme.
Amtot, 161.
Après que rassemblée fut entrée bien avant dedans la grande sale, tous les députés prirent place.
MÉN. 242.
L'apostrophe que nous plaçons dans gromd'mère^ grcmd'messe^ etc., est due aux grammairiens du seizième siècle qui prenaient grand pour une abréviation de grande^ et qui voulurent ainsi marquer par ce signe la suppression d'un e qui n'avait, en redite, jamais existé.
§ 19. Les adjectifs que nous employons aujourd'hui comme prépositions, et auxquels nous imposons l'invariabilité, n'étaient point encore infléchis au seizième siècle : -
Les tmyes en leur gesine {saûhe l'honneur de toute la compaignie.)
Rab. 125.
Section H. Degrés de compara.ison.
§ 20. Pour le superlatif, outre l'adverbe trèSy on employait encore les deux adverbes moult (multum) et prou^ qui avaient l'un et l'autre le sens de beaucoup :
Tout eelà marchoit en mouU belle ordonnance.
MéN. 241.
Les pauvres Parisiens en ont dans leurs bottes bien avant, et sera inrott difficile de les desbourber.
Sat. MÉN. 239.
S 21. Le seizième siècle donnait souvent à plvs et à