GRAMMAIRE DE LA LANGUE DU XVI* SIÈCLE. XXT
La trèspropre définition d'Aristote.
Mont. 216.
L'opinion tresresolûe.
Mont. 214.
Leur manger est si tretsalle et si ort.
Grinq. 4.
Les choses qui paroissent trestemhlahles.
Bellay, 182
Section ni. Formation des Adjectifs.
§ 24. Le seizième siècle formait, à Timitation des adjectifs grecs, des composés (soit à Taide d'un yerbe et d'un nom, fend-guéretj porte-vaisseaux^ — soit à Taide d'un adjectif et d'un participe, dovx-fleurant) :
(Cigale), 6 fille terre-née, Aime-chanson
Bblleau, 61.
Ore un pin haise-nue, ore un chesne abattu.
Bartas, 82.
Soient tes yeux dair-voians à leurs péchez extresmes.
AUB. 94.
Des routes ombrageuses, gazonnées et doux-fleurantes.
Mont. 212.
Icy, deux bœufs suans, de leur cols harassez. Le contre fend-gueret traînent à pas forcez.
Bartas, 83.
U Toid ore comment la mer porte-vaisseaux Pour hommage reçoit de tous fleuves les eaux.
Bartas 83,
S 25. Des adjectifs composés à l'aide des préfixes, et que la langue moderne n'a point conservés, nous citerons ceux qu'offre le recueil :
Las ! celuy que tous aimez tant
Est détenu par maladie
Qui rend son peuple malcontent,
Maro. 6.
XXïl INTRODUCTION.
Au bien public^ aux choses d'importance Cherchant par peine un perdurable nom.
Quand vous serez suraagéSy les aultres seront jeunes.
MORNAT, 232.
S 26. De même que le français forme des substantifs dits yerbaux, en retranchant la finale de Tinfinitif, il forme aussi, mais plus rarement, des adjectifs par le même procédé : de gonfler^ il tire gonfle (avoir le ventre gonfle] ; le seizième siècle nous o£fre de même délivre de délivrer :
Mais il n'a pieu aux dieux me permettre de suyvre Ma jeune liberté, ny faire que depuis Je vesquisso aussi franc de travaux et d'ennuis. Gomme d'ambition j'estois franc et délivre,
Bellay, 50.
§ 27. Les suffixes diminutifs (et^ e^et, oty etc.) ont servi à tirer des adjectifs simples un grand nombre de dérivés [doux, douceletj joli^ jolies, verd, Yeràelet^ etc.) créés à l'imitation des diminutifs italiens, fort à la mode à la cour des Valois :
Le gentil rossignolet DouceleU
Belleau, 60.
Là rencontra ung escolior tout joliet qui venoit par icelluy chemin.
RiB. 128.
. . . L'une et l'autre corne Sortent du front nouvelet.
Un beau poulain farouche,
Qui n'a masché le frein dedans la bouche, Va, seulet, écarté.
RoNS. 22.
Pour ce, en ce pré verdelet. . . .
GRAMMAI RE DE LA LANGUE DU XVP SIÈCLE. XXIÎI
Section IV. Adjectifs numéraux.
S 28. Le français adopta à Torigine les adjectifs ordinaux latins : de primiis (premier), secundiLS (deuxième), ter tins (troisième), quartiLS (quatrième), quintus (cinquième), etc., il tira prime ou premier ^ second^ tiers, quartj quint, etc. On disait au onzième siècle : le tiers homme, la quarte lieue, pour : le troisième homme, la quatrième lieue, etc. — Plus tard, notre langue adopta un autre système: au lieu d'employer des adjectifs ordinaux empruntés au latin, elle en tira de son propre fonds en ajoutant ième aux adjectifs cardinaux ; d'où le système actuel [deuxïhmQ, troisième, quatrihmQ, etc.) qui supplanta l'ancien vers la fin du moyen âge, sauf pour premier et pour second ( qui a persisté parallèlement à deuxième). — Quant à prime, tiers, quart, quint, etc., ils ont disparu et ne subsistent aujourd'hui que dans quelques rares locutions; le tiers état, le Xier^ parti, Charles- Quint, de prime abord, de prime saut, c'est-à-dire le troisième état, le troisième parti, Charles cinq, de premier ahord, de premier saut. La Fontaine a dit encore qaart (Un quart yoleur survint) pour un quatrième, et nous disons de même : l'indiscrétion Hun tiers (pour un troisième) Le seizième siècle employait indifféremment les deux formes :
As-tu point Teu voler en la prime saison L'avette qui de fleurs enrichit sa maiéon?
(Leur souhaitant) bonne adventure et rencontre de quelque baleine, laquelle au tiers jour subséquent les rendist sains et saulves en quel^ ques pays de satin >
Rab. 127.
Bellay, dans sa traduction des qaait et sixjesme livres de Virgile.
Pasq. 186.