GRAMMAIRE DE LA LANGUE DO XVP SIÈCLE. XXVH
§ 35. On disait de même a^ec les pronoms démonstratifs : Cette sienne éloquence (Montaigne) :
L'eau, la terre^ l'air et le feu, et autres membres de ce mien bastiment....
Mont. 208.
Parfois il nous repasse en la mémoire en combien de sortes cette nostre aUegresse est en butte à la mort.
Mont. 206.
Gettuy vostre estre, que vous jouyssez, est également party à la mort et à la vie.
Mont. 207.
S 36. L'ancien français, qui réservait rigoureusement mon pour le masculin et ma pour le féminin, traitait ma^ ta^ sa (devant un nom commençant par une voyelle) comme nous traitons la, c'est-à-dire qu'il élidait Va et disait m'â/me, fépéej Garnie (pour ma-dme, ta-^pée, etc.), comme nous disons Vâme, Vépée, Vamie (pour la-(ime, la-épée, la-amie). C'est vers le quatorzième siècle que cet usage de Félision fut remplacé par l'usage moderne, qui substitua ma, ta^ sa à mon, ton, son. — Une trace du vieil usage persiste encore dans l'expression w! amour, pour ma amour : « Allez, m'omotir, et dites à votre notaire....» (Molière, Malade imaginaire), et dans m'amie (pour m>a amie), qui s'est plus tard corrompu en ma mie, d'où ta mie, sa mie, etc., mais le seizième siècle employait parallèlement les deux formes :
Ta mort sera pour m^amour terminée.
RoNs. 19/
le cbalumeau
Qu'il pertuisa du roseau Formé du corps de «'amt>«
§ 37. Avec un nom collectif au singulier, le seizième siècle employait d'ordinaire le pronom lewr :
La première emhuscade commença, au commandement de kur capitaine, à prendre la fuite.
AlITOT.