‹ Morceaux choisis des grands écrivains français du XIVe siècleChapitre 20 sur 231 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

§ 32. Soi n'était point réseryé comme aujourd'hui aux noms indéterminés et s'employait très-régulièrement avec un nom déterminé de personne :

Mon esprit n'a jette ceste crainte arrière de soy,

Amyot, 174.

Xerxes avoit autour de toy plusieurs secrétaires.

Amyot, 160.

Par combien d'exemples nous attire elle à la considération de soy.

Calv. 114.

On trouve encore c[uelques traces de cet usage dans les écrivains du dix-septième siècle :

Je vous dis que mon fils n'a rien fait do plus sage Qu'en recueillant chez soi ce dévot personnage.

Molière, Tart. l, 1.

Qu'il fasse autant pour soi comme je fais pour lui.

Corneille, Pol, UI, 3.

§ 33. Pour la suppression si fréquente au seizième siècle du pronom personnel servant de sujet, voy. § 118.

Section H. Pronoms possessifs.

§ 34. Au moyen âge mierij tien, sien étaient à la fois adjectifs possessifs et pronoms : on pouvait donc les placer entre l'article et le nom de l'objet possédé : on disait indifféremment mon frère ou le mien^ frère, ton vassal ou le tien vassal. Cet usage (qui a persisté en français dans quelques expressions telles que : une sienne tante, ou rmen cousin), était encore en vigueur au seizième siècle :

Vous qui estes Robin Mouton, serez en ceste couppe de balance, le mien mouton Robin sera en l'aultre.

Rab. 124.

Aretus de cinq talens qu'il avoit en ses biens, il en donna les deux et demy en mariage à une sienne fille unique.

Mont. 217.

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