Id. ib
COMMENTAIREé 277
plut au roi Henri II, et plus tard obtint la même ftyeur auprès de Charles IX, de Catherine de Médicis et surtout de Marguerite de Valois. C*est en 1580 qu'il donna la première édition des Essais^ livre unique qui a suffi à sa célébrité, et ce fut après Tavoir publié qu*il voyagea en Allemagne, en Suisse, à Rome, où il sollicita et obtint le droit de bourgeoisie. Rappelé en France, il fut nommé maire de Bordeaux, et remplit pendant treize ans ces fonctions avec sagesse. Homme modéré, citoyen tolérant, il tenta vainement de rapprocher les protestants et les catholiques, et se vit en butte aux attaques des deux partis. Ce fut dans un voyage à Paris, en 1588, qu'il reçut la visite de Mlle de Gournay, son admiratrice et sa fille d alliance, comme il ne cessa de l'appeler depuis ; à Bordeaux il connut le théologien Charron qui devint son disciple, son imitateur et l'écho de ses doctrines sceptiques. Ce fut l'année même de la Saint-Barthélémy que Montaigne commença i écrire son livre, ce livre de bonne foi, ainsi qu'il l'appelle, celte confidence où il se peint et se livre si naïvement, mêlant ses pensées, ses souvenirs, ses lectures, sans autre lien que le gracieux caprice de la fantaisie, sans autre parure que les fraiches couleurs d'une imagination vive, franche et naturelle. Il déteste toute contrainte :écrivain,il rejette celle d'un plan régulier qui gênerait sa libre allure; philosophe, il veut une sagesse qui ait «pour guide, nature; fortune et volupté pour compagnes. » Parlant de l'éducation, il entend qu'elle se présente à l'enfant sous des formes riantes et agréables, en quoi Locke et Rousseau n'ont fait que le «livre. La première édition des Essais (Bordeaux, 1580) ne ccntenait que deux livres. La cinquième édition (1588) la dernière publiée du vivant de l'auteur, contient de plus que les autres un troisième livre et 6()0 additions aux deux premiers. Enfin, en 1595, Mlle de Gournay en donna une édition « revue et augmentée d'un tiers plus qu'aui précédentes impressions,» d'après les corrections et additions que Montaigne avait écrites sur deux exemplaires de l'édition de 1588. C'est celte édition qui a définitivement fix^ le texte des Essais^.
Page 203, L T. Je n*en crois pas tant, je n'y crois point chez autrui, et, de mon côté, il me deplait ie dire ce que je ne pense pas.
— 1.9. Présentatiwu, formules de dévouement et protestations.
— 1. 14. Qui tire à çu», qui (aux yeux de ceux qui...) incline vers.
— L 15. J'honore le moins..,. Je ne fais de compliments qu'aux indifférents.
Page 204, 1. % Traisne, quand je les traîne en longueur, c'est signe que je n'y suis plus.
Page 204, 1. 31. Feu; Montaigne tirait feu de fuit (qui fût, qui a