GRAMMAIRE DE LA LANGUE DU XVI» SIÈCLE. XXIX
J'ay la chemise mouillée, Qui me trempe jusqu'aux oz.
Ce disoit, car sur le doz Toute nuict j'ay eu la pluie.
Il y en peult avoir aussi qui présument qu'encores que ne soyons du tout ennemis de la paix, ce neantmoins nous la demandons aveo des conditions si aspres, que nous ne sommes nullement recevables.
BàzB, 135.
§ 41. Les autres pronoms démonstratifs étaient icel et icesL
S 42. Le latin ecciste (celui-ci) donna le vieux fran-* çais icist puis icest qui s'est plus tard abrégé en cesù (dont le régime était cestuy). A partir du quinzième siècle on joignit à ce pronom les adverbes ci et là (cestuy-dy cestuy-là)y mais cette addition était, à bon droit, blâmée en 1550 parle grammairien Meigret* comme inutile puisque cestuy signifie déjà celui-ci :
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage. Ou comme cestuy là qui conquist la Toison, Et puis est retourné, plein d'usage et raison, Vivre entre ses parents le reste de son aage I
Bellat, 49.
Cestuy Lyon, plus fort qu'un vieulx verrat.
Marot, 9.
Ici cestuy de la sage nature
Les faits divers remasche en y pensant.
Et cestuy 'là, par la linéature
Des mains, prédit le malheur menaçant.
(Je tire) des livres les sentences qui me plaisent pour les transporter en ceituy-ci.
Mont, 209.
Cette-cy (l'amitié) n'a point d'aultre idée que d'elle mesme et ne se peult rapporter qu'à soy.
MowT.215.