‹ Morceaux choisis des grands écrivains français du XIVe siècleChapitre 33 sur 231 · GRAMMAIRE DE LA LANGUE DO XVI« SIÈCLE. XXXIX · texte numérisé non relu

GRAMMAIRE DE LA LANGUE DO XVI« SIÈCLE. XXXIX

viens (venio), je tiens (teneo), tandis qu'il gardait cet e intact quand la voyelle n'était pas accentuée, d'où venir (venire), tenir (tenere), etc.... Cette manière de distinguer la voyelle accentuée des voyelles non accentuées était très-commode pour séparer les différentes formes de la conjugaison : de même qu'il disait je viens et ve nir, je tiens et tenir, le français disait je pleure (de pldro) et plorer (de ploràre), je treuve (trdbo*) et trouver (trobâre*), je demeure (demdro) et demourer (demorâre*). A mesure que s'affaiblit le sentiment de la langue latine, et qu'on perdit de vue la raison d'être de ces différences, le peuple sentit le besoin de réduire ces deux formes à une seule, ce qu'il fit tout à fait au hasard, en prenant pour modèle tantôt l'indicatif (d'où pleurer, demeurer, refaits sur je pleure, je demeure), tantôt l'infinitif (d'où je trouve refait sur trouver). On rencontre encore au seizième siècle quelques-unes des formes anciennes : je Preuve est dans Montaigne (248), -— demourer dans Marot, 14, — demourant^ demowrèrent dansAjnyot, 157, 162.

§ 67. On trouve encore au parfait les formes ei pour i: veistes (vîtes), feistes (fîtes), etc., qui avaient trois syllabes au moyen âge (venant de viiistiSy fecistis); ces formes qu'on prononçait à l'origine véïstes^ féïstes^ ne comptaient déjà plus que pour deux syllabes au seizième sièclo, comme aujourd'hui :

Et aux escritz dont lecture vous feistes, Vostre bel œil, à parler par raison, Me yeit trop mieulz qu'à l'heure que me veistes,

Marot, 9.

S 68. A la 3* personne du pluriel du passé défini, on jouve quelques formes en arent (au Éeu' de èrent) : conqttestaxeni (Rabelais, 130), amvarent (Id. iô.), qui sont dues à une influence dialectale. (Cet arent est un

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